Fondation par saint Déodat VIIe siècle (≈ 750)
Création du monastère et de la cité.
Xe siècle
Devenue collégiale
Devenue collégiale Xe siècle (≈ 1050)
Passage sous un chapitre de chanoines.
1777
Élevation en cathédrale
Élevation en cathédrale 1777 (≈ 1777)
Création de l’évêché par Pie VI.
1944
Dynamitage allemand
Dynamitage allemand 1944 (≈ 1944)
Destruction partielle pendant la Seconde Guerre mondiale.
1974
Reconsécration post-reconstruction
Reconsécration post-reconstruction 1974 (≈ 1974)
Restauration à l’identique après-guerre.
2009
Installation du grand orgue Quoirin
Installation du grand orgue Quoirin 2009 (≈ 2009)
Remplacement de l’orgue détruit en 1944.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Cathédrale et cloître : classement par arrêté du 12 juillet 1886
Personnages clés
Saint Déodat (Dieudonné) - Fondateur de la cité et du monastère
Moine irlandais du VIIe siècle.
René II de Lorraine - Duc de Lorraine (1473–1508)
Considérait Saint-Dié comme la quatrième cathédrale.
Pie VI - Pape (1775–1799)
Érigea l’évêché de Saint-Dié en 1777.
Giovan Betto - Architecte italien
Conçut la façade baroque (1711–1714).
Jean Bazaine - Peintre verrier contemporain
Dirigea le projet des vitraux (années 1980).
Martin Waldseemüller - Cartographe du XVIe siècle
Imprima le nom « America » à Saint-Dié en 1507.
Origine et histoire
La cathédrale Saint-Dié de Saint-Dié-des-Vosges, située dans le département des Vosges, est un monument catholique romain dont l’origine remonte au VIIe siècle avec saint Déodat (ou Dieudonné), moine irlandais fondateur de la cité. Initialement église abbatiale, elle devint collégiale au Xe siècle sous l’autorité d’un chapitre de chanoines séculiers. René II, duc de Lorraine (1473–1508), la considérait comme la quatrième cathédrale de son duché après Metz, Toul et Verdun. Elle fut officiellement élevée au rang de cathédrale en 1777 par le pape Pie VI, lors de la création de l’évêché de Saint-Dié.
L’édifice, marqué par plusieurs incendies au cours de son histoire, subit une destruction majeure en 1944 lorsque les Allemands le dynamitèrent, provoquant l’effondrement de sa voûte. Reconstruite à l’identique, elle fut reconsecrée en 1974 et dotée d’un mobilier moderne, dont des vitraux contemporains installés dans les années 1980. Ces vitraux, conçus par des artistes comme Jean Bazaine et Jean Le Moal, explorent le thème de la mort et de la résurrection, en écho à la reconstruction post-guerre. La cathédrale, classée monument historique depuis 1886, incarne ainsi une synthèse entre héritage médiéval, baroque et création artistique moderne.
Architecturalement, la cathédrale allie une nef romane du XIIe siècle, caractérisée par des chapiteaux sculptés aux symboles complexes (griffons, sirènes, végétaux), et un chœur gothique tardif (fin XIIIe siècle) inspiré du style champenois. La façade classique, construite entre 1711 et 1714 par l’Italien Giovan Betto, s’inspire de la basilique San Giorgio Maggiore de Venise, reflétant les liens entre René II de Lorraine et la République vénitienne. Le cloître adjacent, l’un des plus vastes de l’Est de la France, date des XVe et XVIe siècles et abrite des vestiges comme une peinture murale du XVIe siècle commémorant la visite de Christine de Danemark.
L’église Notre-Dame de Galilée, accolée à la cathédrale, servait initialement aux ecclésiastiques et à leurs hôtes. Sa tour carrée, aux murs épais, abritait une école jusqu’au XIIIe siècle. Les deux édifices, reliés par le cloître, forment un groupe cathédral cohérent, malgré leurs styles distincts. La cathédrale abrite également un tilleul millénaire, classé « arbre remarquable » en 2017, témoin des liens entre le monument et la vie locale depuis le Moyen Âge.
Le mobilier inclut des pièces historiques comme le tombeau gothique de Burnequin de Parroye (1369) et des peintures murales du XIVe siècle, dont une représentant le pape Léon IX accordant des privilèges au chapitre. Ces œuvres, à vocation juridique, illustrent les conflits entre le chapitre de Saint-Dié et celui de Toul, ou entre le duc de Lorraine et les chanoines. Après 1944, la reconstruction intégra des éléments contemporains, comme les orgues de Pascal Quoirin (2009) et le mobilier liturgique de Philippe Kaeppelin, symbolisant la résilience du lieu.
Enfin, la place devant la cathédrale, réaménagée après-guerre, commémore l’impression en 1507 de la Cosmographiae introductio par Martin Waldseemüller, où apparut pour la première fois le nom « America ». Ce site, autrefois occupé par la « Maison du baptême de l’Amérique », souligne le rôle intellectuel de Saint-Dié-des-Vosges dans l’histoire cartographique mondiale.
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