Origine et histoire de la Cathédrale d'Evry
La cathédrale de la Résurrection Saint-Corbinien d’Évry, dédiée à l’évêque Corbinien de Freising (VIIe siècle), est située dans le département de l’Essonne, à Évry-Courcouronnes. Sa construction, achevée en 1995, en fait la seule cathédrale construite ex nihilo en France métropolitaine au XXe siècle, hors des cas particuliers comme Lille ou Créteil. Elle remplace l’ancienne cathédrale Saint-Spire de Corbeil-Essonnes, le diocèse ayant été recentré sur Évry en 1989 pour s’aligner sur le chef-lieu administratif du département.
Le projet, lancé en 1988 par l’évêque Guy Herbulot, fut présenté au Vatican en 1990. La première pierre fut posée en 1991, mais les travaux ne débutèrent qu’en juillet 1992. Les fondations furent achevées fin 1992, l’ossature en béton (deux cylindres) terminée en mai 1993, et les cloches installées en 1994. La cathédrale fut ouverte au culte en avril 1995, avant son inauguration officielle en 1996 et sa dédicace en mai 1997, suivie par la visite du pape Jean-Paul II en août 1997.
Conçue par l’architecte suisse Mario Botta, la cathédrale s’inspire des formes byzantines et romanes, avec un plan cylindrique de 38 mètres de diamètre, recouvert de 840 000 briques artisanales. Le toit, percé de verrières zénithales, est surmonté de 24 tilleuls symbolisant les heures du jour, les apôtres et les tribus d’Israël. L’intérieur, organisé autour d’une nef de 29 mètres de diamètre, intègre des œuvres d’art contemporain (vitraux de Kim En Joong, sculptures de Gérard Garouste) et un mobilier conçu par Botta en chêne de Bourgogne.
Le financement, estimé à 90 millions de francs, fut assuré par l’Œuvre des Chantiers du Cardinal, l’archidiocèse de Munich (jumelé à Évry), des mécènes et des dons de fidèles. Le ministère de la Culture participa à hauteur de 13 millions de francs pour le Centre d’art sacré intégré au bâtiment. La cathédrale, labellisée « Patrimoine du XXe siècle » en 2011, peut accueillir 1 400 fidèles et reste un symbole de renouveau architectural religieux.
La polémique entourant sa construction porta sur son opportunité dans un contexte de déchristianisation, ainsi que sur son style avant-gardiste (cercle vs. plan en croix traditionnel). Certains y virent aussi une rivalité avec la mosquée d’Évry-Courcouronnes, construite simultanément, bien que la Pagode Khánh-Anh ait depuis illustré la coexistence interreligieuse locale. Une rumeur infondée attribuait son financement à l’État, alors que seuls 13 millions de francs provenaient des fonds publics.
En 2025, l’association des Chantiers du Cardinal a voté une participation de 50 000 euros pour des travaux d’étanchéité des terrasses, sur un coût total de 55 000 euros. La cathédrale, toujours active, abrite aussi le musée Paul-Delouvrier et un centre d’art sacré, confirmant son rôle culturel et spirituel dans l’Essonne.