Frise chronologique
VIe siècle
Évêque Lizier de Couserans
Évêque Lizier de Couserans
VIe siècle (≈ 650)
Participation au concile d'Agde
1117
Consécration de la cathédrale
Consécration de la cathédrale
1117 (≈ 1117)
Sous l’évêque Jordanes Ier
XIIIe siècle (dernier quart)
Voûtement du chœur et construction du clocher
Voûtement du chœur et construction du clocher
XIIIe siècle (dernier quart) (≈ 1350)
Travaux sous Auger II de Montfaucon
1655
Perte du statut de cathédrale
Perte du statut de cathédrale
1655 (≈ 1655)
Réunion des chapitres à Notre-Dame-de-la-Sède
1886
Classement monument historique
Classement monument historique
1886 (≈ 1886)
Protection de la cathédrale et du cloître
1998
Inscription UNESCO
Inscription UNESCO
1998 (≈ 1998)
Patrimoine mondial (chemins de Compostelle)
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Cathédrale (ancienne) et cloître : classement par arrêté du 12 juillet 1886
Personnages clés
| Lizier de Couserans - Évêque du VIe siècle |
Patron de la cathédrale |
| Jordanes Ier (ou Jourdain) - Évêque de Couserans (1094–1155) |
Consacre la cathédrale en 1117 |
| Auger II de Montfaucon - Évêque du XIIIe siècle |
Agrandi le transept et construit le clocher |
| Bernard de Marmiesse - Évêque (1654–1680) |
Réunit les chapitres en 1655 |
| Raimond de Durban - Évêque de Barbastro (1104–1126) |
Commanditaire lié aux fresques catalanes |
Origine et histoire
La cathédrale Saint-Lizier, située à Saint-Lizier en Ariège, est un édifice catholique roman dont les origines remontent au 1er quart du XIIe siècle, avec des modifications majeures aux XIIIe et XVIIe siècles. Elle est dédiée à Lizier de Couserans, évêque ayant participé au concile d'Agde au VIe siècle. Consacrée en 1117 sous l’épiscopat de Jordanes Ier, elle présente une architecture mêlant influences romanes et gothiques, avec une nef unique, un transept élargi, et trois absides dont les murs épais suggèrent une origine antérieure, peut-être gallo-romaine ou wisigothique.
Au XIIIe siècle, l’évêque Auger II de Montfaucon fait voûter le chœur et l’abside, élargir le transept, et construire un clocher octogonal de style toulousain. Les XIVe et XVe siècles voient l’ajout de voûtes sur croisées d’ogives dans la nef et des fenêtres gothiques. La cathédrale, initialement siège de l’évêché du Couserans, perd ce statut en 1655 lorsque l’évêque Bernard de Marmiesse réunit les deux chapitres de la ville au profit de Notre-Dame-de-la-Sède. Classée monument historique en 1886, elle est aussi inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1998 pour son lien avec les chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle.
Le monument abrite des fresques romanes du XIe siècle attribuées au Maître de Pedret, un artiste catalan, ainsi qu’un cloître roman et un orgue du XVIIe siècle classé. L’abside centrale, voûtée en cul-de-four, conserve un Christ en majesté du XIIIe siècle et des peintures murales exceptionnelles. Le porche nord, doté d’une ouverture gothique, et le portail du XVe siècle, aux colonnes de marbre, témoignent des évolutions stylistiques de l’édifice. La cathédrale illustre ainsi les échanges culturels transpyrénéens et l’histoire religieuse complexe du Couserans, marqué par la coexistence de deux cathédrales jusqu’au XVIIe siècle.
Architecturalement, la cathédrale se distingue par son plan en croix latine désaxé, ses absidioles aux murs massifs, et son clocher à deux étages de brique, typique de l’école toulousaine. Les modillons sculptés de l’abside et les réemplois de matériaux antiques (marbres, frises) soulignent son ancrage dans un site occupé depuis l’Antiquité. Le cloître, de plan rectangulaire, et la salle capitulaire rappellent son rôle passé de centre spirituel et administratif. Aujourd’hui propriété communale, l’édifice reste un témoignage majeur de l’art roman méridional et de l’histoire épiscopale ariégeoise.
Devenir actuel
La Cathédrale de Saint-Lizier fait partie des 71 monuments ainsi que 7 portions de chemins sont inscrits depuis 1998 sur la liste du patrimoine mondial de l'Unesco sous le titre officiel de « Chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle en France ».
La Cathédrale était à la marge d'une des 4 voies classiques (Via Turonensis, Via Lemovicensis, Via Podiensis et Via Tolosana). Les pèlerins devaient donc faire un détour pour la visiter.