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Cathédrale de Strasbourg dans le Bas-Rhin

Patrimoine classé Patrimoine religieux Cathédrale Eglise romane et gothique

Cathédrale de Strasbourg

  • Place de la Cathédrale
  • 67000 Strasbourg
Cathédrale de Strasbourg
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Cathédrale de Strasbourg
Crédit photo : Benh LIEU SONG - Sous licence Creative Commons
Propriété de l'Etat
67000 Strasbourg, Place de la Cathédrale

Frise chronologique

Haut Moyen Âge
Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1000
1100
1200
1300
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
1015
Fondation de la cathédrale romane
1176
Incendie et reconstruction gothique
1277
Début du massif occidental
1439
Achèvement de la flèche
1527
Passage au protestantisme
1681
Rétrocession au catholicisme
1793
Temple de la Raison
1870
Bombardement prussien
1944
Libération par Leclerc
2004
Rénovation du chœur
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Cathédrale : classement par liste de 1862

Personnages clés

Erwin de Steinbach - Architecte (1284–1318) Concepteur du massif occidental et de la rosace.
Ulrich d'Ensingen - Maître d’œuvre (1399–1419) Initiateur de la flèche octogonale.
Jean Hültz - Architecte (1419–1439) Acheveur de la flèche et ses escaliers.
Louis XIV - Roi de France Rétrocède la cathédrale au catholicisme en 1681.
Jean Geiler de Kaysersberg - Prédicateur (XVe–XVIe) Figure morale liée à la chaire sculptée.
Philippe Leclerc - Général français Libérateur de Strasbourg en 1944.
Christiane Schmuckle-Mollard - Architecte en chef (depuis 2000) Première femme à diriger les restaurations.

Origine et histoire de la Cathédrale de Strasbourg

La cathédrale Notre-Dame de Strasbourg, édifiée à partir de 1015 sur les vestiges d’une précédente cathédrale, est reconstruite en style gothique entre 1220 et 1365 sous l’impulsion de la ville impériale libre de Strasbourg, riche république marchande. Son clocher unique, surmonté d’une flèche ajoutée en 1439, culmine à 142 mètres, faisant d’elle l’édifice le plus haut du monde entre 1647 et 1874. Elle incarne à la fois un symbole religieux, avec son dédicace à la Vierge Marie, et un emblème politique, reflétant l’indépendance de Strasbourg face à son évêque.

La construction de la cathédrale s’étale sur plusieurs siècles, marquée par des transitions stylistiques majeures. Fondée en style roman sous l’évêque Werner (1015–1180), elle adopte progressivement le gothique après l’incendie de 1176, sous l’influence des maîtres d’œuvre franciliens. Le massif occidental, débuté en 1277, et la flèche, achevée en 1439 par Ulrich d'Ensingen et Jean Hültz, illustrent cette évolution. La cathédrale reste enchâssée dans son environnement urbain médiéval, sans dégagement moderne, préservant ainsi son intégration historique.

Au fil des siècles, la cathédrale subit les bouleversements religieux et politiques. Devenue protestante en 1527, elle est partiellement restaurée dans son culte catholique après l’annexion française de 1681, avec des ajouts baroques comme un baldaquin royal. La Révolution française la transforme en Temple de la Raison (1793), avec un bonnet phrygien géant coiffant sa flèche jusqu’en 1802. Les conflits du XIXe et XXe siècles (siège de 1870, bombardements de 1944) endommagent l’édifice, nécessitant des restaurations successives, dont celle de la flèche et des vitraux.

L’architecture de la cathédrale allie innovation et symbolisme. Sa façade, ornée de trois portails sculptés (Vie du Christ, Enfance du Christ, Jugement dernier), et sa rosace de 13,6 mètres de diamètre, témoignent d’une maîtrise technique exceptionnelle. À l’intérieur, le pilier des Anges (XIIIe siècle), les vitraux médiévaux, et l’horloge astronomique (XVIe siècle) – considérée comme une merveille de l’Allemagne – soulignent son rôle à la fois spirituel et scientifique. La flèche, conçue comme un symbole de la république strasbourgeoise, domine la plaine d’Alsace et reste visible depuis les Vosges.

La cathédrale abrite un mobilier liturgique remarquable, dont les stalles du chœur (1692), la chaire gothique flamboyante de Hans Hammer (1485), et les fonts baptismaux heptagonaux (1453), symbolisant les dimensions physiques et spirituelles de l’homme. Ses orgues, dont le grand orgue Silbermann (1716) reconstruit au XXe siècle, et ses tapisseries du XVIIe siècle (vie de la Vierge) enrichissent son patrimoine. Gérée par la Fondation de l’Œuvre Notre-Dame depuis 1224, elle reste un lieu de culte actif, accueillant 4 millions de visiteurs annuels.

Symbole des tensions franco-allemandes, la cathédrale est instrumentalisée comme emblème national par les deux pays. Après 1870, la propagande française en fait un martyr de la « barbarie prussienne », tandis que l’Allemagne la présente comme un chef-d’œuvre du « génie germanique ». Libérée en 1944 par les troupes du général Leclerc, sa flèche est à nouveau ornée du drapeau tricolore, scellant son statut de monument de réconciliation et de mémoire collective.

Liens externes

Autres patrimoines et monuments aux alentours