Frise chronologique
430
Fondation de la première église
Fondation de la première église
430 (≈ 430)
Basilique construite par saint Éreptiole.
1036–1056
Construction de la cathédrale romane
Construction de la cathédrale romane
1036–1056 (≈ 1046)
Dirigée par les évêques Robert et Geoffroy de Montbray.
1208
Début de la reconstruction gothique
Début de la reconstruction gothique
1208 (≈ 1208)
Lancée par l’évêque Hugues de Morville.
1220–1255
Construction du chœur gothique
Construction du chœur gothique
1220–1255 (≈ 1238)
Modèle possible pour la cathédrale de Burgos.
1356
Siège de Coutances
Siège de Coutances
1356 (≈ 1356)
Dégâts causés par Geoffroy d’Harcourt.
1562
Pillage par les huguenots
Pillage par les huguenots
1562 (≈ 1562)
Destruction partielle des sculptures et vitraux.
1944
Bombardements de la Seconde Guerre mondiale
Bombardements de la Seconde Guerre mondiale
1944 (≈ 1944)
Incendie de la tour-lanterne et dégâts.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
La cathédrale : classement par liste de 1862
Personnages clés
| Saint Éreptiole - Premier évêque de Coutances |
Fonda la première basilique vers 430. |
| Geoffroy de Montbray - Évêque bâtisseur (XIe siècle) |
Acheva la cathédrale romane en 1056. |
| Hugues de Morville - Évêque (1208–1238) |
Initiateur de la reconstruction gothique. |
| Sylvestre de La Cervelle - Évêque (1371–1386) |
Restaura la façade et agrandit la Circata. |
| Louis Beuve - Poète local |
Surnomma la cathédrale *« de fierté »*. |
Origine et histoire
La cathédrale Notre-Dame de Coutances est un édifice emblématique du gothique normand, construit au XIIIe siècle sur les fondations d’une cathédrale romane du XIe siècle. Son originalité réside dans le rhabillage gothique de parties romanes encore visibles dans les étages supérieurs, comme les murs de la nef et les tours de façade. Classée monument historique dès 1862, elle symbolise la transition architecturale entre les deux styles, avec une nef à trois niveaux (arcades, triforium, fenêtres hautes) et une tour-lanterne octogonale couronnant la croisée du transept.
La cathédrale fut édifiée sous l’impulsion de l’évêque Hugues de Morville (1208–1238), dans un contexte de reconstruction des cathédrales normandes après leur rattachement à la couronne de France. Les travaux débutèrent par la nef, puis le transept (vers 1208–1225), et enfin le chœur (entre 1220 et 1255 selon les sources). Le chœur, inspiré de celui de la cathédrale de Burgos, présente un double déambulatoire unique, tandis que la façade occidentale, flanquée de deux flèches, illustre la pureté des lignes gothiques normandes, dépourvues d’ornements superflus.
Les vitraux du XIIIe siècle, comme ceux du Jugement dernier ou de la vie de saint Lô, comptent parmi les plus anciens de France. La cathédrale subit des dommages lors des guerres de Religion (pillage en 1562) et des bombardements de 1944, mais ses vitraux furent sauvés in extremis. Elle abrite aussi un orgue historique de 1728, originaire de l’abbaye de Savigny, et un maître-autel Louis XV en marbre rose, rapporté d’Espagne. Surnommée « la cathédrale de fierté » par les Coutançais, elle reste un lieu de pèlerinage et de mémoire, avec des reliques et un puits médiéval toujours visible dans le croisillon sud.
La légende raconte que la cathédrale était visible depuis l’île de Jersey, à 40 km, et qu’elle servait de repère aux marins. Son rôle social était central : les habitants y traversaient le narthex pour circuler entre les quartiers, y puisant l’eau du puits ou y négociant avec les pèlerins. Les chapelles latérales, ajoutées entre les contreforts aux XIIIe–XIVe siècles, témoignent de cette vie communautaire intense, avec des messes célébrées toute la journée.
L’architecture mêle influences romanes (tours octogonales, nef à tribunes) et innovations gothiques (voûtes sur croisée d’ogives, arcs élancés). La tour-lanterne, appelée « le Dôme », repose sur des pendentifs en porte-à-faux, tandis que le chevet, marqué par la Circata (chapelle axiale), abrite des tombes d’évêques et une Vierge en marbre du XIVe siècle. Les restaurations successives, notamment après 1944, ont préservé ce patrimoine, aujourd’hui protégé et ouvert au public.
Enfin, la cathédrale est indissociable de figures comme Geoffroy de Montbray (évêque bâtisseur du XIe siècle), Hugues de Morville (initiateur de la reconstruction gothique), ou Sylvestre de La Cervelle (XIVe siècle), qui embellit la façade d’une « galerie des roses » et agrandit la Circata. Ces strates historiques en font un monument à la fois religieux, militaire (siège en 1356) et culturel, reflétant près de mille ans d’histoire normande.