Origine et histoire de la Cathédrale Notre-Dame de Grâce
La cathédrale Notre-Dame-de-Grâce de Cambrai trouve ses origines au XIe siècle, lorsque l’évêque Liébert de Cambrai, de retour d’un pèlerinage avorté à Jérusalem en 1054, décida de recréer les lieux saints dans sa ville. Sur le Mont-des-Bœufs, il fit construire un monastère bénédictin avec une église circulaire inspirée du Saint-Sépulcre, consacrée en 1064. Ce premier édifice, remanié après un incendie en 1145, fut progressivement transformé aux XIIIe et XVe siècles, avant d’être reconstruit en style baroque-classique à la fin du XVIIe siècle sous l’impulsion de l’abbé Louis de Marbaix et de l’architecte Anselme Estienne.
L’église, épargnée pendant la Révolution malgré la destruction de l’ancienne cathédrale de Cambrai, devint cathédrale en 1804 après le concordat. Elle subit un incendie dévastateur en 1859, nécessitant une restauration dirigée par Henri de Baralle, qui y ajouta un clocher de 65 mètres achevé en 1876. Endommagée durant la Première Guerre mondiale, elle fut préservée grâce à la volonté locale. Aujourd’hui, elle abrite un orgue symphonique de 3 700 tuyaux et le monument funéraire de Fénelon, sculpté par David d’Angers en 1826.
Classée monument historique en 1906, la cathédrale a fait l’objet de campagnes de restauration majeures, notamment entre 2000 et 2007 pour les toitures, et depuis 2022 pour ses parements intérieurs et vitraux. Son architecture, marquée par l’influence française après l’annexion du Cambrésis en 1678, reflète un mélange de baroque et de classicisme typique du règne de Louis XIV. Le site conserve également des vestiges de l’abbaye du Saint-Sépulcre, comme un pilier en grès du XIe siècle intégré à l’église actuelle.
L’histoire de la cathédrale est aussi celle des bouleversements politiques et religieux de la région. Transformée en temple de la Raison pendant la Terreur, vendue comme bien national, puis sauvée in extremis de la démolition en 1800, elle incarne la résilience du patrimoine cambrésien. Son rôle actuel, à la fois lieu de culte, basilique mineure depuis 1896 et symbole historique, en fait un monument incontournable des Hauts-de-France.
Parmi ses trésors, l’orgue Schyven-Convers (1897/1936), d’esthétique néo-classique, et les chapelles ajoutées au XIXe siècle, comme celle de Notre-Dame-de-Grâce, témoignent de son évolution architecturale. La cathédrale reste un témoignage vivant des liens entre pouvoir religieux, art et histoire locale, depuis les pèlerinages médiévaux jusqu’aux restaurations contemporaines.