Origine et histoire de la Cathédrale Notre-Dame
La cathédrale Notre-Dame de Grenoble, située dans un quartier dense du centre-ville, trouve ses origines au IVe siècle avec la construction d’un baptistère à quatre absides, redécouvert en 1989 lors de fouilles archéologiques. Ce baptistère, abandonné vers le Xe siècle, témoigne de l’ancienne présence chrétienne sur ce site, près des remparts romains de Cularo (ancien nom de Grenoble). L’édifice actuel, reconstruit à partir du Xe siècle, s’inscrit dans un vaste ensemble épiscopal incluant l’évêché, l’église Saint-Hugues (anciennement dédiée à saint Vincent), et un cloître servant de nécropole aux dauphins du Viennois comme Guigues IV et Guigues V.
Au Moyen Âge, la cathédrale adopte un plan double, caractéristique des premiers siècles chrétiens, avec une nef asymétrique et des bas-côtés remaniés aux XVe et XVIe siècles. Le clocher-porche, édifié au XIIIe siècle en brique sur un soubassement de pierre, domine la place Notre-Dame. L’église Saint-Hugues, accolée à la cathédrale, conserve des éléments pré-romans et un vitrail du XIXe siècle illustrant la rencontre entre saint Hugues et saint Bruno en 1084, fondateur des Chartreux. Ce système d’églises jumelles, rare en Europe, perdure jusqu’à aujourd’hui.
La cathédrale subit des transformations majeures aux XVIIe et XIXe siècles, comme la surélévation des arcades en brique ou la suppression des tribunes par l’architecte Alfred Berruyer (1861-1864). Classée Monument Historique en 1862, elle voit son environnement modifié par l’urbanisation et l’arrivée du tramway (1899, puis 1990). En 1989, la découverte du baptistère paléochrétien relance l’intérêt pour le site, intégré depuis au musée de l’Ancien Évêché. Le chœur, orné d’un ciborium gothique flamboyant (1455) et d’un maître-autel contemporain (2008), abrite aussi des œuvres d’art comme des tableaux de Jean André (XVIIIe siècle).
Parmi les événements marquants, la cathédrale accueille en 2012 des reliques de Jean-Paul II et sert de lieu de funérailles pour l’évêque Louis Dufaux en 2011. Son cloître, partiellement détruit au XIXe siècle, ne conserve qu’une aile restaurée en 2014. Les fouilles archéologiques récentes ont également révélé des vestiges des remparts romains et des fosses médiévales dans le jardin attenant. Aujourd’hui, l’édifice allie fonctions religieuses, patrimoniales et urbaines, avec un accès direct à l’église Saint-Hugues et une crypte archéologique ouverte au public.
L’histoire de la cathédrale est liée à des figures historiques comme le chevalier Bayard (obsèques en 1524), Stendhal (baptisé à Saint-Hugues en 1783), ou l’abbé Pierre, vicaire en 1942. Son chapitre, mentionné dès 1040, fut dissous à la Révolution avant d’être brièvement reconstitué en 1803. Les décors intérieurs, incluant des fresques du XIXe siècle et des vitraux comme celui d’Alexandre Debelle, reflètent les ajouts stylistiques successifs, du roman au gothique flamboyant.
Architecturalement, la cathédrale se distingue par sa nef voûtée de briques, ses chapelles latérales dissymétriques (comme celle du Sacré-Cœur, reconstruite en 1870), et son chevet fortifié du XIVe siècle, visible depuis les jardins de l’ancien évêché. Ce dernier, construit en 1680 par le cardinal Le Camus, abrite aujourd’hui le musée de l’Ancien Évêché, présentant les fouilles du site. La cathédrale reste un symbole du patrimoine grenoblois, mêlant histoire religieuse, archéologie et vie urbaine.