Origine et histoire de la Cathédrale Notre-Dame-de-l'Annonciation
La cathédrale Notre-Dame-de-l'Annonciation de Moulins trouve ses origines dans une chapelle dédiée à saint Pierre, mentionnée dès 990 et dépendante du prieuré de Souvigny. En 1097, le pape Urbain II confirme les donations faites à ce prieuré, incluant la capella de Molinis, devenue une église au XIIe siècle en raison de l’accroissement démographique. Cette chapelle, située près du futur château des ducs de Bourbon, est transformée en collégiale en 1386 par Louis II de Bourbon, qui y installe un chapitre de douze chanoines sous l’autorité directe du Saint-Siège.
La construction de l’édifice actuel débute en 1468 avec la pose de la première pierre par Agnès de Bourgogne, veuve du duc Charles Ier de Bourbon. Ce chœur gothique flamboyant, achevé vers 1550, remplace une chapelle médiévale et devient le cœur de la future cathédrale. Les travaux, interrompus en 1508, reprennent sous le duc Pierre II de Bourbon et son épouse Anne de France, fille de Louis XI. Le chœur, fermé provisoirement par un pignon orné d’une rosace, sert de façade jusqu’en 1854. La collégiale est érigée en cathédrale en 1823 lors de la création du diocèse de Moulins, marquant le début d’une campagne d’agrandissement majeure.
Au XIXe siècle, l’évêque Pierre Simon de Dreux-Brézé entreprend d’importants travaux pour doubler la surface de la nef et ajouter deux collatéraux, ainsi qu’une façade néogothique inspirée du style francilien du XIIe siècle. Les plans, initialement conçus par Jean-Baptiste Antoine Lassus (auteur des restaurations de Notre-Dame de Paris), sont poursuivis après sa mort en 1857 par Eugène Millet et Paul Selmersheim, sous l’influence d’Eugène Viollet-le-Duc. Les deux flèches de 82 mètres, les vitraux historiques (dont celui de sainte Catherine, datant du XVIe siècle), et le triptyque du Maître de Moulins (vers 1500) font de ce monument un témoignage exceptionnel de l’art religieux médiéval et moderne.
La cathédrale abrite également des œuvres majeures comme la Vierge noire du XIe siècle, une Déploration du Christ en sculpture gothique flamboyante, et un orgue Merklin (1880) classé monument historique. Consacrée en 1923 et érigée en basilique mineure en 1949, elle est classée au titre des monuments historiques depuis 1875. Son chapitre, fondé en 1386, joue un rôle central dans l’histoire religieuse du Bourbonnais, lié aux ducs de Bourbon puis à l’évêché de Moulins.
Les vitraux, financés par les notables locaux aux XVe et XVIe siècles, illustrent des scènes bibliques et des portraits de donateurs, comme le duc Jean II ou Anne de France. Le triptyque du Maître de Moulins, commandé par Pierre II et Anne de France, est aujourd’hui attribué au peintre néerlandais Jean Hey. La cathédrale conserve aussi des reliques, comme un christ en ivoire du XVIIe siècle, et des tombes ducales, dont celles des épouses de Jean II de Bourbon.
L’architecture mêle harmonieusement le gothique flamboyant du chœur (pyramide à deux étages, arcs-boutants, balustrades) et le néogothique de la nef (voûtes à 25 mètres, façade à deux flèches). Le mobilier liturgique, comme le jubé détruit à la Révolution ou les stalles du XVIe siècle, témoigne de son riche passé. La cathédrale reste un lieu de pèlerinage, notamment pour la Vierge noire, associée à des miracles comme l’arrêt d’un incendie en 1655.