Origine et histoire de la Cathédrale Notre-Dame-de-l'Assomption
La cathédrale Notre-Dame-de-l'Assomption de Clermont-Ferrand, édifiée à partir de 1248 sous l’impulsion de l’évêque Hugues de la Tour, remplace une cathédrale romane elle-même succédant à des sanctuaires plus anciens. Inspiré par la Sainte-Chapelle de Paris, son chantier fut confié à Jean Deschamps, qui utilisa pour la première fois la pierre de Volvic, conférant à l’édifice sa teinte sombre et sa robustesse. Le chœur, achevé vers 1273, accueillit en 1262 le mariage royal de Philippe le Hardi et Isabelle d’Aragon, financé en partie par Saint Louis, qui offrit aussi des vitraux comparables à ceux de la Sainte-Chapelle.
La construction s’étala sur plusieurs siècles, marquée par des ralentissements dus à des conflits comme la guerre de Cent Ans ou des contraintes financières, notamment après la création du diocèse de Saint-Flour en 1317. Les tours du transept, dont la tour de la Bayette (50 m), servirent de beffroi et abritèrent des horloges dès 1407. La cathédrale subit des dégâts lors du tremblement de terre de 1490 et des destructions révolutionnaires en 1793, où seul le mobilier fut épargné grâce à l’intervention du bénédictin Dom Verdier.
Au XIXe siècle, Eugène Viollet-le-Duc et son élève Anatole de Baudot achevèrent la façade occidentale et les flèches (96 m), dans un style néo-gothique fidèle aux méthodes médiévales. La cathédrale, classée monument historique en 1862, abrite des vitraux du XIIIe au XVIe siècle, parmi les plus remarquables de France, ainsi que des peintures murales des XIIe–XVe siècles. Son orgue, construit par Merklin en 1877, et son jacquemart du XVIe siècle, transféré d’Issoire, témoignent de son riche patrimoine artistique et technique.
La crypte, redécouverte en 1885, révèle des fresques romanes et un sarcophage du IVe siècle, tandis que les épures de Jean Deschamps, gravées sur la terrasse, illustrent les techniques de taille de pierre médiévales. La cathédrale, élevée au rang d’archevêché en 2002, reste un symbole spirituel et architectural majeur, lié à des figures comme Urbain II (qui y lança la première croisade en 1095) ou l’organiste Jean-Philippe Rameau.
Parmi les anecdotes marquantes, la statue-reliquaire de la Vierge en majesté (Xe siècle), fondue pendant la Révolution, fut décrite dans le Codex Claromontanus comme un chef-d’œuvre inégalé. Les vitraux du déambulatoire, offerts par Saint Louis, mêlent fleurs de lys et tours de Castille, tandis que la rose bleue du portail nord (XIVe siècle) et les gargouilles des arcs-boutants soulignent l’influence à la fois parisienne et méridionale de l’édifice.
La cathédrale conserve aussi des traces du Culte de la Raison (1794), unique en France, et une baie du XVe siècle redécouverte en 2013, ornée de feuilles d’or et de rinceaux. Son parvis, surplombant la place de la Victoire, rappelle le concile de 1095 et le rôle central de Clermont dans l’histoire religieuse médiévale.