Origine et histoire de la Cathédrale Notre-Dame-de-l'Assomption
La cathédrale Notre-Dame-de-l'Assomption de Lescar trouve ses origines dans un monastère du Xe siècle, transformé en chapitre régulier au XIIe siècle. L’édifice actuel, construit en 1120 par l’évêque Guy de Lons, fut consacré en 1145. Il remplace une première cathédrale détruite par les Normands en 841, alors située en Basse-Ville. Le site, recentré sur une colline défensive, abritait auparavant un baptistère dédié à saint Jean-Baptiste, remplacé par une chapelle « Sainte-Marie » fondée par un soldat repenti, Loup-Fort.
À partir du XVe siècle, la cathédrale devint la nécropole de la famille d’Albret, rois de Navarre, abritant les tombes de François Phébus (1483), Catherine de Navarre, Jean d’Albret, et Henri II d’Albret avec Marguerite d’Angoulême, grands-parents d’Henri IV. Surnommée le « Saint-Denis béarnais », elle fut pillée pendant les guerres de Religion : en 1569, les troupes protestantes de Montgomery détruisirent la châsse de Saint-Galactoire, brûlèrent ses reliques, et profanèrent la tombe de Guy de Lons. Les biens du Chapitre, saisis entre 1570 et 1573, furent en partie vendus, et les chanoines exilés jusqu’en 1610.
L’édifice subit des dégradations majeures : effondrement partiel de la voûte vers 1600, perte des ornements funéraires des rois de Navarre, et destruction des archives épiscopales sous la Révolution. Classée monument historique en 1840, la cathédrale bénéficia de restaurations au XIXe siècle, notamment sa mosaïque romane du XIIe siècle (scène de chasse mauresque) et ses chapiteaux sculptés représentant des scènes bibliques. Les stalles du XVIe siècle, déplacées en 1836 et 1859, illustrent des figures catholiques béarnaises.
Le chevet roman, la nef voûtée en berceau, et les bas-côtés en berceaux transversaux caractérisent son architecture. Construite en grès de Lasseube, elle abrite aussi un orgue romantique de Georges Wenner (1869), classé en 1972. Les bâtiments claustraux, aujourd’hui disparus, formaient autrefois une cité close avec cloître (XIVe siècle), sacristie, et logements de chanoines. Le cloître, utilisé comme sépulture jusqu’au XVIIIe siècle, fut détruit après 1722.
Les fouilles de 1928-1929 révélèrent le caveau royal des souverains de Navarre, dont les ossements, identifiés par des anthropologues, furent réinhumés dans six cercueils portants leurs initiales. La cathédrale, désaffectée en 1793 et transformée en Temple de la Raison, retrouva sa fonction religieuse après 1801, devenant co-cathédrale du diocèse de Bayonne-Lescar-Oloron. Les campagnes de restauration récentes (depuis 2006) visent à préserver ses peintures murales et sa mosaïque, fragilisées par les variations climatiques.