Frise chronologique
1562
Destruction de la cathédrale Saint-Théodard
Destruction de la cathédrale Saint-Théodard
1562 (≈ 1562)
Montauban bascule dans le protestantisme.
1629
Soumission des protestants
Soumission des protestants
1629 (≈ 1629)
Rétablissement du culte catholique sans interdiction.
10 avril 1692
Pose de la première pierre
Pose de la première pierre
10 avril 1692 (≈ 1692)
Début de la construction actuelle.
1707
Effondrement partiel
Effondrement partiel
1707 (≈ 1707)
Six piliers en brique s’écroulent.
1er novembre 1739
Consécration solennelle
Consécration solennelle
1er novembre 1739 (≈ 1739)
Achèvement officiel de la cathédrale.
9 août 1906
Classement monument historique
Classement monument historique
9 août 1906 (≈ 1906)
Protection patrimoniale nationale.
25 novembre 2020
Fermeture au public
Fermeture au public
25 novembre 2020 (≈ 2020)
Lézardes et fissures structurelles.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
La cathédrale : classement par arrêté du 9 août 1906
Personnages clés
| François II d'Orbay - Architecte initial |
Conçoit les plans jusqu’à sa mort en 1697. |
| Jules Hardouin-Mansart - Architecte successeur |
Poursuit la construction après 1697. |
| Robert de Cotte - Architecte associé |
Collabore à l’achèvement du projet. |
| Louis XIV - Commanditaire royal |
Ordone la construction pour marquer la reconquête catholique. |
| Jean-Auguste-Dominique Ingres - Peintre célèbre |
Auteur du *Vœu de Louis XIII* (1824). |
| Marc Arcis - Sculpteur |
Réalise les statues d’Ambroise de Milan et saint Augustin (1715). |
Origine et histoire
La cathédrale Notre-Dame-de-l'Assomption de Montauban, située dans le Tarn-et-Garonne, remplace l’ancienne cathédrale Saint-Théodard, détruite en 1562 lors de la conversion de la ville au protestantisme. Montauban, bastion calviniste jusqu’en 1629, voit son culte catholique rétabli après la soumission des protestants, mais sans interdiction du protestantisme (paix d’Alès). L’église Saint-Jacques sert alors de cathédrale provisoire jusqu’à la révocation de l’édit de Nantes en 1685.
La construction de la nouvelle cathédrale, ordonnée par Louis XIV pour affirmer le pouvoir royal et catholique, débute en 1692 sur le point culminant de la ville (102,65 m). L’architecte François II d’Orbay dirige les travaux, repris après sa mort en 1697 par Jules Hardouin-Mansart et Robert de Cotte. En 1707, l’effondrement de six piliers en brique mal cuite retarde le chantier. La consécration solennelle a finalement lieu le 1er novembre 1739, marquant l’achèvement de ce monument classique aux influences ioniques.
La cathédrale se distingue par sa façade en pierre blanche, encadrée de deux tours initialement surmontées de clochetons en bulbe (démolis en 1831). Son intérieur, sobre et élégant, abrite des œuvres majeures comme Le Vœu de Louis XIII d’Ingres (1824) et un orgue historique du XVIIe siècle. Classée monument historique en 1906, elle appartient à l’État depuis la loi de 1905, tout en restant affectée au culte catholique. Fermée au public depuis 2020 en raison de fissures structurelles, elle incarne à la fois un patrimoine artistique et les tensions religieuses de l’histoire française.
L’édifice intègre des éléments symboliques forts : la chaire du XVIIIe siècle, classée monument historique, ou les chapelles dédiées à saint Théodard (patron du diocèse) et sainte Philomène (patronne des bateliers). Le baldaquin du chœur, ajouté en 1872, et les médaillons des Vertus cardinales soulignent son rôle spirituel et politique. Les matériaux locaux (pierre calcaire pour les statues d’Arcis) et les décors en trompe-l’œil du XIXe siècle reflètent les évolutions artistiques et liturgiques.
Son histoire récente est marquée par des défis de conservation. Les lézardes découvertes en 2020, aggravant des fissures préexistantes, ont conduit à sa fermeture temporaire. Ce monument, à la fois lieu de culte et témoignage des conflits religieux, reste un repère urbain majeur, visible depuis toute la ville. Son architecture, mêlant classicisme royal et adaptations locales, en fait un exemple unique du patrimoine occitan.