Frise chronologique
Fin du XIe siècle
Construction initiale
Construction initiale
Fin du XIe siècle (≈ 1195)
Édifice roman à nef unique.
XIIe siècle
Ajout du cloître et salle capitulaire
Ajout du cloître et salle capitulaire
XIIe siècle (≈ 1250)
Disparu aujourd’hui, style roman.
4e quart du XIVe siècle
Remaniement gothique
Remaniement gothique
4e quart du XIVe siècle (≈ 1487)
Voûtes rehaussées, chapelles latérales.
1475–1515
Commande des peintures Renaissance
Commande des peintures Renaissance
1475–1515 (≈ 1495)
Par Jean d’Aule, évêque du Couserans.
1801
Abolition du diocèse
Abolition du diocèse
1801 (≈ 1801)
Concordat supprimant l’évêché.
18 juillet 1994
Classement monument historique
Classement monument historique
18 juillet 1994 (≈ 1994)
Protection officielle de l’édifice.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Cathédrale, y compris la base du rempart gallo-romain, la salle capitulaire et l'aire de l'ancien cloître (cad. B 139) : classement par arrêté du 18 juillet 1994
Personnages clés
| Jean d’Aule - Évêque du Couserans (1475–1515) |
Commanditaire des peintures Renaissance. |
| Bernard de Marmiesse - Évêque au XVIIe siècle |
Responsable des surélévations baroques. |
| Saint-Valier - Saint local (basilique du VIe siècle) |
Légende liée à l’emplacement originel. |
Origine et histoire
La cathédrale Notre-Dame-de-la-Sède, située à Saint-Lizier en Ariège, fut édifiée à la fin du XIe siècle dans un style roman sobre, avec une nef unique. Son mur sud s’appuie sur un rempart romain du Bas-Empire, lui conférant un plan irrégulier. Au XIIe siècle, un cloître (aujourd’hui disparu) et une salle capitulaire voûtée, ouvrant sur ce dernier, furent ajoutés. L’édifice fut remanié au XIVe siècle : la voûte fut rehaussée, et trois chapelles latérales furent construites, donnant à la cathédrale sa configuration actuelle.
Au XVIe siècle, sous l’épiscopat de Jean d’Aule (évêque de 1475 à 1515), un décor peint monumental de style Renaissance fut commandé pour orner les murs et voûtes. Ces peintures, redécouvertes lors de restaurations dans les années 1990, représentent notamment les fils de Jacob et des sibylles tenant des phylactères en latin. Deux campagnes de restauration (2003–2004 et 2009–2010) ont permis de les mettre en valeur, révélant un ensemble exceptionnel pour l’Occitanie.
La cathédrale, classée monument historique en 1994, perdit son statut religieux actif après l’abolition du diocèse du Couserans par le concordat de 1801. Aujourd’hui intégrée au musée départemental du Palais des évêques, elle se visite principalement pour ses peintures et son architecture hybride, mêlant éléments romans (abside semi-circulaire, petit appareil calcaire) et gothiques (voûtes ogivales, chapiteaux sculptés). Des messes y sont encore célébrées occasionnellement, comme celle de l’Assomption le 15 août.
L’édifice conserve également des traces de son histoire médiévale, comme la salle capitulaire du XIIe siècle, voûtée d’ogives et ouvrant sur l’aire de l’ancien cloître. Le palais épiscopal adjacent, construit vers 1675, s’appuie lui aussi sur le rempart romain, témoignant de la superposition des époques sur ce site stratégique. Les surélévations du XVIIe siècle, incluant une salle ovale et un campanile, complètent cet ensemble architectural complexe.
Architecturalement, la cathédrale se distingue par sa nef unique de 21 mètres, éclairée par six baies et renforcée de contreforts massifs. Le portail nord, en arc brisé, est orné de chapiteaux sculptés de feuillages et de têtes humaines. À l’intérieur, les croisées d’ogives reposent sur des colonnes cylindriques aux chapiteaux variés (armes épiscopales, scènes profanes). Les voûtes, décorées de nervures en brique rouge et de clefs peintes, abritent aussi des blasons et des scènes religieuses, tandis que les chapelles latérales présentent des voûtes à liernes et tiercerons.