Origine et histoire de la Cathédrale Notre-Dame-de-Nazareth
La cathédrale Notre-Dame-de-Nazareth de Vaison-la-Romaine, située dans le Vaucluse, est un édifice catholique dont les origines remontent à la période gallo-romaine, avec des transformations majeures au XIIe siècle. Elle incarne les transitions architecturales entre les époques mérovingienne, romane et gothique, comme en témoignent son abside tripartite, ses colonnes antiques réemployées et ses voûtes en berceau brisé. Classée monument historique dès 1840, elle abrite un cloître du XIe siècle, partiellement reconstruit, et des éléments lapidaires médiévaux.
L’abside principale, couverte d’une voûte en cul-de-four, conserve des traces de son origine paléochrétienne (Ve siècle), avec des arcatures en plein cintre reposant sur des colonnes de marbre antique. Les modifications ultérieures, comme l’agrandissement d’une arcature au XIVe siècle pour un tombeau épiscopal ou la surélévation d’une fenêtre au XVe siècle, reflètent son adaptation continue. Le cloître, fondé entre 1010 et 1030, servait autrefois de lieu de vie aux chanoines et abrite aujourd’hui des vestiges funéraires, dont ceux des évêques Guillaume II et III de Cheisolme.
La cathédrale a subi des dégradations internes aux mains de deux évêques, qui ont dépouillé son jubé et les marbres du chœur pour enrichir leur palais. Malgré ces pertes, l’abside nord conserve un autel tabulaire richement décoré, considéré comme la pièce la plus artistique du monument. Depuis 2009, elle est le siège de l’évêque titulaire de Vaison, tout en servant d’église paroissiale depuis 1897. Son clocher carré, orné de frises sculptées, et sa façade sud, marquée par des contreforts et des marques de tâcheron, illustrent la diversité de ses influences stylistiques.
Les fondations de l’abside révèlent des tronçons de colonnes antiques, confirmant la réutilisation de matériaux gallo-romains, une pratique courante dans la région. Le cippe funéraire de Publius Atilius Ingenuus, encastré dans le clocher, rappelle le passé romain de Vaison. Les galeries du cloître, restaurées à plusieurs reprises, mêlent chapiteaux à feuilles d’eau et éléments figuratifs du XIIIe siècle, tandis que des marbres blancs, issus de monuments antiques, ornent certaines colonnettes. Ces détails soulignent le dialogue entre les époques qui caractérise le monument.
L’arc outrepassé de l’abside, souvent associé à l’influence orientale, est ici présenté comme une évolution locale de l’arc en plein cintre, apparue dès le Bas-Empire. Cette particularité architecturale, relevée par l’historien André Corboz, contredit l’hypothèse d’une origine syrienne et met en lumière le rôle des architectes visigoths dans sa diffusion. La nef, dépourvue de transept, et les collatéraux voûtés en rampant complètent une structure à la fois sobre et complexe, reflétant les besoins liturgiques et symboliques du Moyen Âge provençal.