Frise chronologique
Ve siècle
Origine de l'abside paléochrétienne
Origine de l'abside paléochrétienne
Ve siècle (≈ 550)
Arcs outrepassés et colonnes antiques réemployées.
1010–1030
Fondation du cloître
Fondation du cloître
1010–1030 (≈ 1020)
Première édification pour les chanoines.
XIIe siècle
Reconstruction majeure
Reconstruction majeure
XIIe siècle (≈ 1250)
Ajout d’éléments romans et gothiques.
1840
Classement monument historique
Classement monument historique
1840 (≈ 1840)
Protection officielle de la cathédrale et du cloître.
1897
Devenue église paroissiale
Devenue église paroissiale
1897 (≈ 1897)
Changement de fonction liturgique.
2009
Siège de l’évêque titulaire
Siège de l’évêque titulaire
2009 (≈ 2009)
Rôle actuel dans le diocèse.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Cathédrale (ancienne) et cloître : classement par liste de 1840
Personnages clés
| Publius Atilius Ingenuus - Personnage romain |
Cippe funéraire encastré dans le clocher. |
| Guillaume II de Cheisolme - Évêque de Vaison |
Reste de son monument funéraire conservé. |
| Guillaume III de Cheisolme - Évêque de Vaison |
Monument funéraire exposé dans le cloître. |
| André Corboz - Historien de l’art |
A étudié l’arc outrepassé de l’abside. |
Origine et histoire
La cathédrale Notre-Dame-de-Nazareth de Vaison-la-Romaine, située dans le Vaucluse, est un édifice catholique dont les origines remontent à la période gallo-romaine, avec des transformations majeures au XIIe siècle. Elle incarne les transitions architecturales entre les époques mérovingienne, romane et gothique, comme en témoignent son abside tripartite, ses colonnes antiques réemployées et ses voûtes en berceau brisé. Classée monument historique dès 1840, elle abrite un cloître du XIe siècle, partiellement reconstruit, et des éléments lapidaires médiévaux.
L’abside principale, couverte d’une voûte en cul-de-four, conserve des traces de son origine paléochrétienne (Ve siècle), avec des arcatures en plein cintre reposant sur des colonnes de marbre antique. Les modifications ultérieures, comme l’agrandissement d’une arcature au XIVe siècle pour un tombeau épiscopal ou la surélévation d’une fenêtre au XVe siècle, reflètent son adaptation continue. Le cloître, fondé entre 1010 et 1030, servait autrefois de lieu de vie aux chanoines et abrite aujourd’hui des vestiges funéraires, dont ceux des évêques Guillaume II et III de Cheisolme.
La cathédrale a subi des dégradations internes aux mains de deux évêques, qui ont dépouillé son jubé et les marbres du chœur pour enrichir leur palais. Malgré ces pertes, l’abside nord conserve un autel tabulaire richement décoré, considéré comme la pièce la plus artistique du monument. Depuis 2009, elle est le siège de l’évêque titulaire de Vaison, tout en servant d’église paroissiale depuis 1897. Son clocher carré, orné de frises sculptées, et sa façade sud, marquée par des contreforts et des marques de tâcheron, illustrent la diversité de ses influences stylistiques.
Les fondations de l’abside révèlent des tronçons de colonnes antiques, confirmant la réutilisation de matériaux gallo-romains, une pratique courante dans la région. Le cippe funéraire de Publius Atilius Ingenuus, encastré dans le clocher, rappelle le passé romain de Vaison. Les galeries du cloître, restaurées à plusieurs reprises, mêlent chapiteaux à feuilles d’eau et éléments figuratifs du XIIIe siècle, tandis que des marbres blancs, issus de monuments antiques, ornent certaines colonnettes. Ces détails soulignent le dialogue entre les époques qui caractérise le monument.
L’arc outrepassé de l’abside, souvent associé à l’influence orientale, est ici présenté comme une évolution locale de l’arc en plein cintre, apparue dès le Bas-Empire. Cette particularité architecturale, relevée par l’historien André Corboz, contredit l’hypothèse d’une origine syrienne et met en lumière le rôle des architectes visigoths dans sa diffusion. La nef, dépourvue de transept, et les collatéraux voûtés en rampant complètent une structure à la fois sobre et complexe, reflétant les besoins liturgiques et symboliques du Moyen Âge provençal.