Frise chronologique
Fin XIIe siècle
Début probable des travaux
Début probable des travaux
Fin XIIe siècle (≈ 1295)
Sous l’épiscopat d’Henri de Suse
1431
Remplacement de la toiture
Remplacement de la toiture
1431 (≈ 1431)
Bardeaux remplacés par des tuiles
1564
Saccage pendant les guerres de Religion
Saccage pendant les guerres de Religion
1564 (≈ 1564)
Clocher détruit, mobilier brûlé
1606-1648
Restauration sous Toussaint de Glandevès
Restauration sous Toussaint de Glandevès
1606-1648 (≈ 1627)
Voûtes reprises, beffroi reconstruit
1840
Classement monument historique
Classement monument historique
1840 (≈ 1840)
Première liste des monuments protégés
1851, 1869, 1926
Travaux de toiture
Travaux de toiture
1851, 1869, 1926 (≈ 1926)
Dalles, tuiles mécaniques, tuiles rondes
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Cathédrale : classement par liste de 1840
Personnages clés
| Pierre de Sabran - Évêque de Sisteron (1145-1171) |
Initiateur possible des travaux (hypothèse) |
| Henri de Suse - Évêque de Sisteron |
A appelée des équipes lombardes |
| Toussaint de Glandevès - Évêque (1606-1648) |
Dirigea la restauration post-guerres |
| Étienne Lalozière - Sculpteur (XVIIe siècle) |
Auteur du retable du maître-autel |
| Nicolas Mignard - Peintre (XVIIe siècle) |
Auteur des tableaux du retable |
Origine et histoire
La cathédrale Notre-Dame-des-Pommiers, aussi appelée Notre-Dame-et-Saint-Thyrse, est un édifice catholique roman situé à Sisteron (Alpes-de-Haute-Provence). Son nom dérive du latin pomerium, désignant l’espace entre les maisons et les remparts où elle fut construite. Elle fut l’ancienne cathédrale du diocèse de Sisteron, puis cocathédrale de Digne depuis 1916. De style roman à influences lombardes (portail, chevet), elle se distingue par ses trois nefs et l’absence de transept, typique de l’art provençal.
La construction débuta probablement à la fin du XIIe siècle, sous l’épiscopat d’Henri de Suse, bien que certaines sources évoquent un début plus précoce sous Pierre de Sabran (1145-1171). Les travaux mobilisèrent des équipes lombardes. En 1431, la couverture en bardeaux fut remplacée par des tuiles. Pendant les guerres de Religion (1564), les protestants saccagèrent la cathédrale : clocher abattu, cloches brisées, autels renversés, et archives brûlées. La restauration débuta sous Toussaint de Glandevès (1606-1648), avec la reprise des voûtes, la reconstruction du beffroi, et l’ajout de chapelles latérales au sud (sur l’emplacement de l’ancien cloître) et au nord.
Classée monument historique en 1840, la cathédrale fit l’objet de travaux répétés aux XIXe et XXe siècles : toiture refaite en 1851 (dalles de calcaire), puis en 1869 (tuiles mécaniques) après des infiltrations, et enfin en 1926 (tuiles rondes). Son architecture combine une nef centrale voûtée en berceau brisé (16 m de haut), des collatéraux étroits, et une coupole sur trompes d’inspiration lombarde, unique en Provence. Le portail nord, rare dans l’art roman provençal, et les chapiteaux à motifs corinthiens ou géométriques enrichissent son décor.
À l’intérieur, le chœur abrite un maître-autel du XVIIIe siècle en marbre polychrome, ainsi qu’un cénotaphe de Mgr Glandevès. Les absidioles présentent des coquilles baroques du XVIIe siècle, tandis que les chapelles latérales (ajoutées après 1564) conservent des retables, tableaux (XVIe-XVIIe siècles), et un autel en bois doré provenant de la chapelle Saint-Domnin. La cathédrale, toujours active, accueille aussi des concerts lors du festival Les Nuits de la Citadelle.