Origine et histoire de la Cathédrale Saint-Bénigne
La cathédrale Saint-Bénigne de Dijon trouve ses origines au début du VIe siècle, lorsque l’évêque Grégoire de Langres fit construire une crypte en 511 pour abriter le sarcophage de saint Bénigne, martyr chrétien du IIe siècle. Une basilique fut érigée sur ce site en 535, puis restaurée en 871 par l’évêque Isaac, qui y fonda l’abbaye bénédictine Saint-Bénigne. L’édifice devint un lieu de pèlerinage majeur après la redécouverte des reliques du saint.
Au XIe siècle, sous l’impulsion de l’évêque Brunon de Roucy et de l’abbé Guillaume de Volpiano, l’abbatiale fut entièrement reconstruite entre 1001 et 1018 dans un style préroman ambitieux, inspiré de Cluny. La rotonde, chef-d’œuvre architectural à trois niveaux dédiés à Jean-Baptiste, la Vierge et la Trinité, symbolisait une synthèse entre traditions antiques (influence du Panthéon de Rome) et innovations liturgiques. La crypte, seul vestige actuel de cette rotonde, illustre cette période faste.
L’église gothique actuelle fut édifiée entre 1280 et 1393 après l’effondrement de la basilique romane, conservant cependant la crypte. Devenue cathédrale en 1792 à la création du diocèse de Dijon, elle subit des destructions pendant la Révolution, notamment la démolition partielle de sa rotonde. Au XIXe siècle, des restaurations menées par Jean-Philippe Suisse et supervisées par Viollet-le-Duc permirent de redécouvrir et préserver la crypte, classée monument historique dès 1846.
Le portail roman du XIIe siècle, aujourd’hui disparu, était orné de sculptures représentant le Christ en majesté et des scènes bibliques comme la Nativité. Seuls cinq fragments subsistent, dont des têtes de statues et des éléments d’archivolte. La cathédrale abrite aussi un orgue historique construit par les frères Riepp au XVIIIe siècle, restauré plusieurs fois, et un carillon de 63 cloches installé dans la tour sud.
Un événement marquant de son histoire récente fut l’affaire du Père Noël supplicié en 1951, lorsque le vicaire Jacques Nourissat brûla une effigie du Père Noël sur le parvis pour protester contre la commercialisation de Noël. Cet acte, largement médiatisé, opposa l’Église locale au maire de Dijon, le chanoine Kir, qui répliqua en installant un Père Noël sur le toit de la mairie.
Aujourd’hui, la cathédrale Saint-Bénigne allie héritages roman, gothique et néogothique. Sa crypte, en cours de restauration, rouvrira en 2024, tandis que sa nef et son chœur, aux élévations caractéristiques, témoignent de son rôle central dans l’histoire religieuse et architecturale de la Bourgogne.