Origine et histoire de la Cathédrale Saint-Cyr-et-Sainte-Julitte
La cathédrale Saint-Cyr-et-Sainte-Julitte de Nevers, située dans la Nièvre en Bourgogne-Franche-Comté, est un monument emblématique dont l’histoire remonte au VIe siècle. Initialement dédiée à saint Gervais et saint Protais, elle fut reconstruite et redédiée aux saints Cyr et Julitte, martyrs du IVe siècle, après l’arrivée de leurs reliques au IXe siècle. Ces reliques, rapportées par l’évêque Jérôme de Nevers (800–816), firent de la cathédrale un lieu de pèlerinage majeur, renforcé par des miracles attribués aux saints.
L’édifice actuel résulte de plusieurs phases de construction. Après un incendie en 1211, l’évêque Guillaume de Saint-Lazare reconstruit la cathédrale dans un style gothique, tout en conservant le chœur roman du XIe siècle. Cette particularité donne à la cathédrale deux chœurs opposés, une rareté architecturale en France. Les travaux se poursuivirent aux XIVe et XVe siècles, avec l’ajout d’un chœur gothique rayonnant, de chapelles latérales, et de la tour Bohier, haute de 52 mètres, ornée de 43 statues.
La cathédrale fut profondément marquée par les conflits et les restaurations. Pendant la Révolution, elle subit des destructions iconoclastes, perdant une partie de son mobilier et de ses statues. Le bombardement allié de 1944 détruisit une grande partie du chœur gothique et des vitraux, entraînant une reconstruction à l’identique entre 1946 et 1966. Les fouilles archéologiques menées après-guerre révélèrent des vestiges gallo-romains, dont un temple dédié à Janus, et un baptistère paléochrétien du VIe siècle.
L’intérieur de la cathédrale abrite des trésors artistiques, comme une fresque romano-byzantine du XIe siècle dans le chœur roman, une Mise au tombeau du XVe siècle, et des vitraux contemporains signés par des artistes comme Jean-Michel Alberola et Claude Viallat. Ces derniers, installés après 1944, remplacent les vitraux détruits et illustrent une approche moderne de l’art sacré. La cathédrale, classée Monument Historique dès 1862, reste un symbole spirituel et culturel, notamment grâce à son lien avec sainte Bernadette Soubirous, dont le corps repose à Nevers.
Le mobilier liturgical, bien que partiellement détruit, comprend des pièces remarquables comme un jacquemart du XVIe siècle, des stalles du XVIIIe siècle, et un orgue moderne installé en 1978. Les chapelles latérales, comme celle de l’Immaculée Conception, témoignent de l’évolution des pratiques religieuses, notamment avec l’influence du dogme de l’Immaculée Conception avant sa proclamation officielle en 1854. Aujourd’hui, la cathédrale bénéficie de campagnes de restauration, comme celle lancée en 2020 dans le cadre du plan Cathédrales, pour préserver son patrimoine unique.
L’architecture extérieure de la cathédrale se distingue par ses deux chœurs, son portail nord du XIIIe siècle (détruit en partie pendant les guerres de Religion), et son portail sud du XVe siècle, dit de Loire, orné de sculptures fines. La tour Bohier, avec ses statues de saints et de prophètes, domine la ville et symbolise la puissance épiscopale. Les vitraux contemporains, bien que critiqués pour leur manque d’unité, offrent une lecture moderne de la lumière et du sacré, intégrant des références à l’Apocalypse et à la Jérusalem céleste.