Origine et histoire de la Cathédrale Saint-Étienne
La cathédrale Saint-Étienne de Cahors, située dans le département du Lot en région Occitanie, est un édifice religieux majeur dont la construction s’étale du XIIe au XVe siècle. Elle est édifiée à partir du XIIe siècle pour abriter la relique de la Sainte Coiffe, rapportée de Terre Sainte par Géraud de Cardaillac. Son architecture combine des éléments romans, comme les coupoles sur pendentifs inspirées de l’art byzantin, et des ajouts gothiques, notamment dans le chœur et la façade occidentale. La cathédrale est classée Monument Historique dès 1862 et inscrite au patrimoine mondial de l'UNESCO en 1998, en tant qu’étape des chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle.
L’histoire de la cathédrale reste partiellement énigmatique, avec des débats entre historiens sur les dates précises de construction. Une première cathédrale aurait existé dès le VIIe siècle, détruite et reconstruite à plusieurs reprises, notamment après les invasions sarrasines (732) ou les conflits carolingiens. Au XIIe siècle, sous l’impulsion de l’évêque Géraud de Cardaillac et avec l’appui du pape Urbain II, une nouvelle cathédrale est érigée, dont le maître-autel est consacré en 1119 par le pape Calixte II. Les travaux se poursuivent jusqu’au XVe siècle, avec des modifications gothiques majeures au XIIIe siècle, comme la surélévation de l’abside et l’ajout de chapelles latérales.
La cathédrale abrite des trésors artistiques, dont des peintures murales gothiques redécouvertes au XIXe siècle, comme celles de la coupole occidentale représentant la lapidation de saint Étienne, ou celles du narthex illustrant des scènes de la Genèse (1316-1324). Le portail nord, sculpté vers 1140, est un chef-d’œuvre roman-gothique représentant l’Ascension du Christ et le martyre de saint Étienne. Au XVe siècle, le cloître flamboyant est reconstruit, et des chapelles comme celle de Notre-Dame ou de Saint-Gausbert sont ajoutées, reflétant l’enrichissement de l’édifice après la guerre de Cent Ans.
Au XIXe siècle, des restaurations majeures sont entreprises, notamment par les architectes Paul Abadie et Victor Tourrette, qui dégagent les peintures médiévales et réaménagent l’abside. La cathédrale subit aussi des modifications litigieuses, comme le murage du portail nord en 1732, rouvert en 1862. Au XXe et XXIe siècles, des campagnes de restauration préservent son patrimoine, comme les vitraux contemporains de Gérard Collin-Thiébaut installés en 2013, ou la restauration de la chapelle d’axe pour le 900e anniversaire de la consécration du maître-autel.
Le quartier cathédral, formé autour de l’édifice, inclut des bâtiments canoniaux comme le cloître gothique (1497-1504), la chapelle Saint-Gausbert, et le grenier du chapitre, témoins de l’organisation ecclésiastique médiévale. La cathédrale, à la fois forteresse et lieu de pèlerinage, illustre l’évolution architecturale et spirituelle du Quercy, entre influence byzantine, réforme grégorienne et rayonnement jacquaire. Son décor peint, ses vitraux et ses reliques, comme la Sainte Coiffe, en font un monument emblématique du patrimoine religieux français.