Origine et histoire de la Cathédrale Saint-Étienne
La cathédrale Saint-Étienne de Saint-Brieuc, située dans les Côtes-d'Armor en Bretagne, est un édifice gothique dont la construction s’étale du XIIIe au XVIIIe siècle. Elle est l’une des neuf cathédrales historiques de Bretagne et le siège du diocèse de Saint-Brieuc et Tréguier depuis 1852. Classée monument historique en 1906, elle fait partie des étapes du Tro Breiz, un pèlerinage breton traditionnel. Son architecture est marquée par une particularité : construite sur un marécage, son entrée comporte des marches descendantes, contrairement aux cathédrales classiques.
La cathédrale conserve des reliques de saint Brieuc, fondateur de la ville au VIe siècle, et son histoire est rythmée par des phases de construction et de restauration majeures. La tour nord, érigée dès 1220, servit de donjon épiscopal, tandis que la tour sud (dite tour Marie) fut financée par le duc Jean V de Bretagne entre 1431 et 1436. Au XVIIe siècle, des corbelets furent ajoutés pour soutenir la balustrade, et la rosace de la nef fut achevée en 1728. Pendant la Révolution (1789-1794), l’édifice servit d’entrepôt.
Le XIXe siècle marqua une période de rénovations significatives : installation d’un orgue par Aristide Cavaillé-Coll (1847-1849), ajout d’un hourd en bois et d’un pyramidion par l’architecte Ruprich Robert (1853), et construction du porche central (1889). La foudre endommagea la flèche et l’orgue en 1852. Au XXIe siècle, des travaux de maçonnerie (2012-2013) et de restauration des décors intérieurs (badigeons ocre, chapiteaux romans) furent menés, révélant des traces de polychromie ancienne dans la chapelle d’axe.
L’édifice abrite un mobilier remarquable, dont un lustre de 3,84 mètres dans la croisée du transept et un orgue restauré. Ses vitraux, partiellement attribués à Hubert de Sainte-Marie, et ses cloches (dont un bourdon de 3,4 tonnes fondu en 1952) témoignent de son riche patrimoine. La cathédrale, construite sur des piliers en bois pour stabiliser le marécage, offre une illusion d’optique : sa nef, plus haute qu’elle n’y paraît, se découvre après deux volées de marches descendantes.
Les pentures de la porte du Martray (1860), réalisées par le ferronnier Pierre Boulanger, et les restaurations récentes (2010-2017) des décors néogothiques et romans illustrent la volonté de préserver son héritage artistique. La cathédrale reste un symbole religieux et culturel, intégrée aux itinéraires patrimoniaux bretons comme le Tro Breiz et classée parmi les monuments historiques français depuis 1906.