Origine et histoire de la Cathédrale Saint-Étienne
La cathédrale Saint-Étienne de Toul, édifiée entre le XIIIe et le XVe siècle, est un joyau de l’architecture gothique en Lorraine. Sa construction s’étale sur trois siècles, débutant par le chœur (1210-1235) inspiré de Reims, suivi du transept audacieux (1275-1297) et de la nef (XIVe siècle). La façade occidentale, achevée en 1497 dans un style gothique flamboyant, est ornée de deux tours de 65 mètres et d’une rosace majestueuse. Le cloître, deuxième plus grand de France (157 mètres linéaires), et les chapelles Renaissance (XVIe siècle) témoignent de son évolution stylistique.
L’édifice subit des destructions majeures : en 1794, la Révolution supprime ses statues sculptées ; en 1870, un bombardement prussien détruit les vitraux Renaissance du chœur ; en 1940, un incendie ravage la toiture et l’orgue pendant la Seconde Guerre mondiale. Les restaurations, entamées dans les années 1980, redonnent à la cathédrale son éclat, notamment avec la reconstruction de la charpente (1981-1995) et la polychromie intérieure (2003-2020). Son influence architecturale s’étend jusqu’au Saint-Empire, avec des émules comme la basilique de Saint-Nicolas-de-Port.
Le « chevet lorrain », caractéristique de Toul, combine des tours romanes inachevées et des flèches gothiques ajourées, modèle repris dans la région (Metz, Épinal). La cathédrale abrite des trésors comme les vitraux de Balthazar de Gachéo (XIXe siècle), dont une verrière de 216 m2 dans le transept sud, et un orgue reconstruit en 1963 après l’incendie de 1940. Classée Monument Historique dès 1840, elle célèbre en 2021 ses 800 ans, marquant son rôle central dans l’histoire religieuse et culturelle de la Lorraine.
La cathédrale s’inscrit dans un groupe épiscopal médiéval incluant initialement trois églises (Notre-Dame, Saint-Étienne, Saint-Jean-Baptiste). Sa reconstruction gothique remplace une cathédrale romane (XIe-XIIe siècles) elle-même bâtie sur un temple romain détruit par les Huns. Les chapelles Renaissance, comme celle des Évêques (voûte plate de 8 mètres de portée), et les cloches historiques (dont le bourdon Léon IX de 4,8 tonnes) enrichissent son patrimoine. Les influences de Verdun (chœur sur crypte) et de Reims (façade « à la française ») y fusionnent, créant un style unique.
Les vitraux, datant du XIIIe au XIXe siècle, illustrent des scènes bibliques et l’histoire locale, comme le Couronnement de la Vierge (1503) ou les verrières de Casimir de Balthazar (XIXe). Le cloître, construit dès 1240, allie innovation gothique (chéneaux, gargouilles) et tradition romane. Les grandes orgues, détruites en 1940, sont remplacées en 1963 par un instrument néoclassique de Curt Schwenkedel, restauré en 2016. Aujourd’hui, la cathédrale reste un symbole du patrimoine lorrain, animé par des événements comme le Festival Bach de Toul.