Origine et histoire de la Cathédrale Saint-Gatien
La cathédrale Saint-Gatien de Tours, dédiée au premier évêque de la ville, remplace plusieurs édifices antérieurs. Une première cathédrale, Saint-Maurice, fut construite entre 337 et 371 par l’évêque Lidoire, puis incendiée en 561 et restaurée par Grégoire de Tours. Un nouvel édifice roman, reconstruit au XIIe siècle, fut détruit par un incendie en 1166 lors des conflits entre Louis VII et Henri II d’Angleterre. Aucune trace de son plan n’est parvenue jusqu’à nous.
La construction de la cathédrale actuelle débuta en 1170, avec le croisillon sud et les tours, suivis du chœur entre 1236 et 1279. Ce chantier marqua l’émergence d’un style gothique « ligérien », caractérisé par une décoration raffinée. La nef, commencée au XIVe siècle par Simon du Mans, ne fut achevée qu’au XVe siècle, grâce aux financements de Charles VII et du duc Jean V de Bretagne. Les tours, élevées au XVIe siècle (1507 pour la nord, 1534–1547 pour la sud), mêlent gothique flamboyant et Renaissance.
Classée monument historique dès 1862, Saint-Gatien se distingue par ses vitraux des XIIIe–XVe siècles, parmi les plus complets d’Europe, et sa façade sculptée, partiellement détruite lors des guerres de Religion (1562). Le mobilier inclut un tombeau Renaissance des enfants de Charles VIII et Anne de Bretagne, ainsi qu’un tabernacle du XVIIe siècle. Le cloître adjacent, dit « de la Psalette », et les vestiges gallo-romains voisins témoignent de son ancrage historique.
L’édifice illustre aussi l’évolution des techniques architecturales : bases romanes, voûtes gothiques (29 m de haut), et flèches Renaissance. Ses quatre cloches, dont le bourdon Christus (1749), proviennent en partie d’abbayes voisines, comme celle de Cormery. Les restaurations des XIXe et XXe siècles (vitraux par Lobin, polychromie du chœur) ont préservé ce patrimoine, tout en intégrant des créations contemporaines, comme les vitraux de Gérard Collin-Thiébaut (2011).