Origine et histoire de la Cathédrale Saint-Gervais-Saint-Protais
La cathédrale Saint-Gervais-Saint-Protais de Lectoure, située dans le Gers en Occitanie, fut le siège de l’ancien diocèse de Lectoure dès le VIe siècle. L’édifice actuel, construit entre les XIVe et XVIe siècles, succède à plusieurs églises antérieures, dont une dédiée à saint Thomas. La cathédrale romane, partiellement détruite lors du siège de 1473 par les troupes de Louis XI, fut reconstruite à partir de 1487 sous l’impulsion de l’évêque Pierre d'Abzac de La Douze et du maître d’œuvre Mathieu Reguaneau, qui érigea notamment le clocher-donjon de 45 mètres.
Au XVIe siècle, l’évêque Jean de Barton confia à l’architecte Arnaud Cazanove la rénovation du chœur et de la nef, introduisant un déambulatoire et des chapelles de style gothique méridional. Les guerres de Religion (1561-1562) endommagèrent gravement l’édifice : les voûtes furent abattues et le mur sud rasé. La reconstruction, menée après 1600 par l’architecte Bathia, simplifia les plans initiaux, ajoutant un arc triomphal entre la nef et le chœur.
Classée monument historique en 1912, la cathédrale perdit son statut épiscopal en 1801, devenant une église paroissiale. Au XVIIIe siècle, des travaux de réparation furent entrepris, mais la flèche du clocher, foudroyée, fut démolie en 1782. Le XIXe siècle vit la suppression du jubé (1825) et des restaurations mineures. L’orgue, construit par Auguste Phébade (1838-1843), et les stalles du XVIIe siècle témoignent de son riche patrimoine mobilier.
L’architecture mêle une nef unique romane, des chapelles entre contreforts, et un chœur à déambulatoire inspiré des cathédrales voisines d’Auch et Toulouse. Le clocher, symbole de la ville, servit de poste d’observation lors des conflits. Les chapelles abritent des retables, des statues baroques, et le tombeau de l’évêque Claude-François de Narbonne-Pelet. Le musée d’Art sacré, installé dans l’ancienne sacristie, expose des objets liturgiques.
Les reliques de saint Clair, évangélisateur de Lectoure, furent translatées en 1858 après avoir été conservées à Bordeaux depuis le IXe siècle. La cathédrale, marquée par les conflits religieux et les reconstructions, illustre l’évolution architecturale et historique du sud-ouest de la France, du Moyen Âge à l’époque moderne.