Origine et histoire de la Cathédrale Saint-Jean-Baptiste d'Aire
La cathédrale Saint-Jean-Baptiste d'Aire, située dans les Landes, trouve ses origines à la fin du XIIe siècle, bien que sa construction se soit étalée jusqu’au XIXe siècle. Les archives de l’évêché, détruites pendant les guerres de Religion, rendent son histoire partielle. Une bulle de Clément V en 1309 mentionne ses dommages lors des conflits franco-anglais. Le chœur, doté de boiseries au XVIIe siècle par l’évêque Jean-Louis de Fromentières, et le chevet en rotonde, reconstruit au XVIIIe, illustrent ses transformations majeures.
Entre 1860 et 1867, des chapelles absidiales furent modifiées et un second collatéral ajouté au nord. Un projet de façade ambitieux, incluant tours et rosace, ne vit jamais le jour. Les peintures intérieures, réalisées dans les années 1860, ainsi que les vitraux posés par l’atelier Didron, marquent son décor du XIXe siècle. La cathédrale, classée Monument historique en 1906, conserve des éléments romans comme des chapiteaux sculptés et une sacristie gothique du XIVe siècle.
La cathédrale servit de siège épiscopal jusqu’en 1802, date de son rattachement au diocèse de Bayonne. Aujourd’hui intégrée au diocèse d’Aire et Dax, elle abrite un orgue construit entre 1757 et 1759 par des compagnons de Dom Bédos de Celles. Son architecture mêle nef unique romane, voûtes gothiques et ajouts modernes, reflétant son évolution à travers les siècles.
Située sur la Via Podiensis, un chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle, la cathédrale attire pèlerins et visiteurs. Son patrimoine mobilier inclut un maître-autel en marbre polychrome des frères Mazzetti (vers 1770) et des stalles du XVIIe siècle. Les matériaux, allant de la pierre calcaire médiévale à la brique des restaurations, témoignent des techniques successives employées.
Les décorations intérieures, absentes avant le XIXe siècle sauf dans le chœur, furent réalisées par des artistes locaux comme Labedan. Les peintures murales, inspirées du style roman, ornent voûtes et nef. La cathédrale, avec ses 48 mètres de longueur et 15 mètres de hauteur sous voûte, reste un symbole du patrimoine religieux et architectural gascon.