Origine et histoire de la Cathédrale Saint-Jean-Baptiste
La cathédrale Saint-Jean-Baptiste d'Alès, située dans le Gard en région Occitanie, est un édifice aux origines multiples. Elle fut d'abord une église carolingienne construite sur les vestiges d'un temple gallo-romain, puis une collégiale médiévale. Le clocher-porche, tour carrée massive, conserve des éléments des XIIe et XVe siècles, tandis que la nef, voûtée à 20 mètres de haut, et le chœur entouré d'une colonnade Louis XVI (XVIIIe siècle) témoignent des transformations ultérieures. La cathédrale, classée Monument Historique en 1914, fut profondément marquée par les guerres de Religion, qui la laissèrent en ruine au XVIIe siècle.
Les conflits religieux des années 1560 et 1621-1622, opposant catholiques et protestants, détruisirent une grande partie de l'édifice. En 1629, après la capitulation d'Alès – alors bastion protestant des Cévennes – face à Louis XIII, il ne resta que le clocher et quelques murs. La paix d'Alès (1629), accordée par Richelieu, mit fin aux hostilités locales. Entre 1633 et 1656, une première reconstruction modeste fut entreprise par les chanoines, dans un style gothique méridional, mais les moyens manquaient dans cette région encore majoritairement protestante.
La création du diocèse d'Alès en 1694, sur ordre de Louis XIV pour contrer le protestantisme, relança les travaux. Malgré des projets avortés en 1699 et 1751, une reconstruction partielle débuta en 1771 sous les architectes Giral et Donnat, dans un style néo-classique sobre. Financée par les revenus de l'abbaye de Fécamp, la cathédrale fut consacrée en 1780. Le diocèse fut supprimé en 1801, et l'édifice perdit son statut de cathédrale. Les peintures et décors du XIXe siècle, dégradés, furent restaurés entre 2018 et 2020.
Le grand orgue, détruit en 1622, fut reconstruit en 1729 par Charles Boisselin, puis modifié par Jean-François L’Épine (1783) et Théodore Puget (1860). Classé Monument Historique en 1962 pour sa partie instrumentale et en 1971 pour son buffet, il fut restauré en 1979 par Alain Sals. L'édifice, propriété de la commune, a également subi des dégradations urbaines dans les années 1960, avec la construction d'immeubles modernes masquant partiellement sa vue depuis le Gardon.
L'architecture actuelle allie des vestiges romans (nef, clocher) et des ajouts néo-classiques (chœur, colonnade Louis XVI). La coupole surplombant la croisée du transept et le campanile en fer forgé (1776) sont des éléments marquants. Les travaux récents ont permis de restaurer les façades extérieures, dont la toiture en demi-coupole du chœur, désormais protégée par une couverture de plomb. La cathédrale reste un symbole des tensions religieuses et des reconstructions successives qui ont marqué l'histoire d'Alès.