Origine et histoire de la Cathédrale Saint-Jean-Baptiste
La cathédrale Saint-Jean-Baptiste de Bazas, située dans le département de la Gironde, fut le siège du diocèse de Bazas jusqu’à la Révolution française. Selon Grégoire de Tours, un évêque de Bazas est mentionné dès le Ve siècle, et la cathédrale aurait été dédiée à saint Jean-Baptiste après qu’une dame de Bazas y aurait rapporté une relique de son sang. L’édifice, détruit par les Normands en 853, fut reconstruit à partir de 1070 sous l’impulsion de l’évêque Raymond II, avec une consécration par le pape Urbain II en 1095. La cathédrale romane fut ensuite remplacée par un édifice gothique, dont la première pierre fut posée en 1233.
La construction s’étala sur plusieurs siècles, marquée par des dons royaux et des conflits, comme les saccages des calvinistes en 1561, 1577 et 1578, qui détruisirent une grande partie de l’édifice, épargnant seulement la façade grâce au paiement de 10 000 écus par les habitants. La reconstruction, menée entre 1583 et 1635 sous l’évêque Arnaud de Pontac, s’acheva avec l’aide financière de sa famille. En 1723, un ouragan endommagea la façade, dont le couronnement fut restauré en 1725. La cathédrale, classée Monument Historique en 1840, fut également inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO en 1998 pour son rôle dans les chemins de Compostelle.
La façade occidentale, caractéristique, se compose de trois niveaux : les portails du XIIIe siècle, une rose flamboyante du XVIe siècle attribuée à Mathelin Gallopin, et un couronnement reconstruit au XVIIIe siècle. Les tympans des portails illustrent des scènes bibliques, comme le Jugement dernier (portail central), le Couronnement de la Vierge (portail sud) et la vie de saint Pierre (portail nord). Ces sculptures, ainsi que les voussures ornées de figures saintes et angéliques, témoignent de la richesse iconographique de l’édifice.
L’intérieur, dépourvu de transept, présente un long vaisseau gothique agrandi aux XVIe et XVIIe siècles. Les chapelles absidiales et les piliers du sanctuaire datent du XIVe siècle, tandis que les bas-côtés furent achevés en 1598-1599. L’orgue actuel, installé en 1983, intègre des éléments du XIXe siècle et compte 26 jeux. La cathédrale, aujourd’hui cocathédrale de l’archidiocèse de Bordeaux, conserve aussi une inscription latine commémorant la fin des travaux en 1635.
Le diocèse de Bazas, supprimé en 1801, fut symboliquement rétabli en 1937, permettant à l’archevêque de Bordeaux de porter également le titre d’évêque de Bazas. Ce statut reflète l’importance historique de la cathédrale, liée à des figures comme Grégoire de Tours, qui évoqua ses origines légendaires, ou Clément V, qui accorda des indulgences pour sa reconstruction au XIVe siècle. Les guerres de Religion et les restaurations successives ont façonné son architecture, mêlant styles roman, gothique et classique.