Origine et histoire de la Cathédrale Saint Julien-Le Mans
La cathédrale Saint-Julien du Mans, située sur la butte du Vieux-Mans, est un édifice emblématique du patrimoine religieux français, mêlant les styles roman et gothique. Sa construction s’étale sur près de quatre siècles, depuis son lancement vers 1060 sous l’épiscopat de Vulgrin jusqu’à son achèvement vers 1430. L’édifice, marqué par des effondrements et incendies répétés (notamment en 1134 et 1140), fut reconstruit et agrandi à plusieurs reprises, intégrant des innovations comme la croisée d’ogives. La cathédrale abrite les tombes de saint Julien, premier évêque du Mans, et de Charles d’Anjou, ainsi qu’un menhir préhistorique de 4,55 mètres, classé monument historique en 1889.
Le monument est un témoignage exceptionnel du gothique angevin, avec un chœur surélevé de 10 mètres au XIIIe siècle et un transept relevé à la même hauteur un siècle plus tard. Les vitraux, parmi les plus anciens d’Europe (comme celui de l’Ascension, vers 1120), et les 47 anges musiciens de la chapelle de la Vierge (XIVe siècle) illustrent sa richesse artistique. La cathédrale fut aussi le théâtre d’événements historiques majeurs, dont le mariage de Geoffroy Plantagenêt et Mathilde d’Angleterre en 1128, et le baptême de leur fils, le futur roi Henri II.
Classée monument historique dès 1862, la cathédrale a subi des restaurations continues pour contrer les dégâts du temps et de la pollution. Au XXe siècle, elle échappa aux bombardements des deux guerres mondiales. En 2019, des fouilles y révélèrent un reliquaire en forme de cœur, et en 2020, un plan de relance gouvernemental alloua 2,5 millions d’euros à sa rénovation. Aujourd’hui, elle reste un symbole spirituel et culturel, couronnée « plus belle cathédrale de France » en 2023.
L’architecture de la cathédrale juxtapose une nef romane austère et un chœur gothique lumineux, reflétant les évolutions stylistiques médiévales. Le portail royal (vers 1145–1158), inspiré de Chartres, et la façade occidentale romane (vers 1110–1115) témoignent de cette dualité. Les tapisseries des XVIe et XVIIe siècles, comme le cycle de la Vie de saint Gervais, et les orgues Renaissance (1529–1535) complètent ce patrimoine. La cathédrale abrite également des sculptures en terre cuite du XVIIe siècle, dont la Grande Mise au tombeau de Gervais Delabarre.
Les cloches, dont le bourdon Julien (6,4 tonnes, 1859), et la croix contemporaine Le Christ aux bras ouverts (2013) de Goudji, illustrent la vitalité cultuelle du lieu. La sacristie gothique, avec ses stalles du XVIe siècle et ses verrières du XVIIIe, et les archives conservant des portraits d’évêques, achèvent de faire de ce monument un livre d’histoire à ciel ouvert. Son menhir, vestige mégalithique, rappelle quant à lui les origines préhistoriques du site sacré.