Frise chronologique
1120–1146
Construction de la cathédrale
Construction de la cathédrale
1120–1146 (≈ 1133)
Édifiée par Étienne Ier de Baugé, achevée en 1146.
1130–1146
Sculpture du tympan par Gislebertus
Sculpture du tympan par Gislebertus
1130–1146 (≈ 1138)
Jugement Dernier et linteau historié signés *Gyslebertus*.
1469
Construction de la flèche gothique
Construction de la flèche gothique
1469 (≈ 1469)
Remplace le clocher roman détruit par la foudre.
1766
Destructions des chanoines
Destructions des chanoines
1766 (≈ 1766)
Tympan plâtré, jubé et tombeau de saint Lazare démantelés.
1840
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
1840 (≈ 1840)
Première liste des monuments protégés par Mérimée.
1948
Restauration du tympan
Restauration du tympan
1948 (≈ 1948)
Tête du Christ replacée après sa redécouverte.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Cathédrale Saint-Lazare : classement par liste de 1840
Personnages clés
| Étienne Ier de Baugé - Évêque d’Autun (début XIIe siècle) |
Commanditaire de la cathédrale pour abriter les reliques. |
| Gislebertus - Sculpteur roman |
Auteur du tympan et des chapiteaux signés. |
| Cardinal Jean Rolin - Mécène (XVe siècle) |
Finance la flèche et offre le bourdon *Marthe*. |
| Denis Grivot - Chanoine et historien (XXe siècle) |
Retrouve la tête du Christ en 1948. |
| Eugène Viollet-le-Duc - Architecte (XIXe siècle) |
Restaure les piliers et sauve des chapiteaux. |
| Goudji - Artiste contemporain |
Crée le mobilier liturgique en 2011. |
Origine et histoire
La cathédrale Saint-Lazare d'Autun, édifiée entre 1120 et 1146 sous l’impulsion de l’évêque Étienne Ier de Baugé, remplace une première cathédrale dédiée à saint Nazaire. Conçue pour abriter les reliques de saint Lazare d’Aix — confondues à l’époque avec celles du Lazare biblique —, elle devient le siège épiscopal d’Autun à la fin du XIIe siècle. Son architecture s’inspire de l’abbatiale de Paray-le-Monial, avec une nef voûtée en berceau brisé et des arcs-boutants ajoutés au XIIIe siècle pour stabiliser l’édifice. La flèche gothique, haute de 80 mètres, est érigée en 1469 par le cardinal Rolin après la destruction du clocher roman par la foudre.
Le portail occidental, sculpté par Gislebertus, est un joyau de l’art roman. Son tympan du Jugement Dernier (1130–1146), restauré en 2009, illustre une vision optimiste de la rédemption, avec le Christ en majesté, saint Michel pesant les âmes, et la Vierge intercédant pour les élus. Le linteau représente la résurrection des morts et la Luxure, symbolisée par une femme aux seins mordus par des serpents. Une frise de médaillons alterne signes du zodiaque et travaux des mois, reflétant le calendrier liturgique et agricole médiéval. Ces sculptures, jugées « barbares » au XVIIIe siècle, furent plâtrées en 1766, ce qui les protégea des destructions révolutionnaires.
L’intérieur conserve des chapiteaux historiés dans la nef, un chœur gothique du XVe siècle, et des vitraux du XIXe siècle illustrant la vie de saint Léger, évêque martyr d’Autun. Parmi les œuvres notables figurent le retable Noli me tangere (XVIe siècle), une Pietà du Guerchin, et le Martyre de saint Symphorien par Ingres. Le musée Rolin, adjacent, expose des vestiges démantelés au XVIIIe siècle, comme La Tentation d’Ève — l’un des premiers nus sculptés de l’art roman — et des fragments du tombeau de saint Lazare. Classée Monument Historique en 1840, la cathédrale et son quartier sont protégés par un secteur sauvegardé depuis 1973.
La cathédrale a subi des transformations controversées : destruction du jubé, du tombeau de saint Lazare, et de la mosaïque du XIIe siècle au chœur sous les chanoines du XVIIIe siècle, peu sensibles à l’art médiéval. La tête du Christ du tympan, sectionnée en 1766, ne fut replacée qu’en 1948. En 2011, l’espace liturgique fut modernisé par l’artiste Goudji, intégrant un autel, un ambon et une cathèdre contemporains. L’orgue, construit en 1876 par Merklin, attend une restauration après des décennies de modifications.
Symbole du renouveau roman en Bourgogne, la cathédrale Saint-Lazare mêle influences clunisiennes et innovations sculpturales. Son tympan, souvent comparé à celui de Conques, témoigne d’une théologie visuelle accessible aux fidèles illettrés. Les reliques de saint Lazare, objet de pèlerinages, et la porte de la Miséricorde ouverte lors du jubilé de 2015–2016 renforcent son rôle spirituel. Aujourd’hui, le monument incarne à la fois un patrimoine artistique exceptionnel et un lieu de culte vivant, ancré dans l’histoire d’Autun depuis le Moyen Âge.