Origine et histoire de la Cathédrale Saint-Louis-et-Saint-Nicolas
La cathédrale Saint-Louis-et-Saint-Nicolas de Choisy-le-Roi fut construite entre 1748 et 1760 sous la direction de l’architecte Ange-Jacques Gabriel, sur ordre de Louis XV. Destinée à remplacer une église médiévale jugée trop exiguë et proche de la Seine, elle s’inscrit dans un projet urbain ambitieux visant à créer un nouveau village. Le roi posa lui-même la première pierre le 4 juillet 1748. Le parti architectural, dépourvu d’ordres classiques, se distingue par une monumentalité sobre obtenue par le traitement des surfaces et des volumes.
L’église fut consacrée le 21 septembre 1760 en présence de Louis XV, de la cour, et de douze évêques symbolisant les apôtres. Son clocher, initialement prévu sur trois niveaux, n’en compte que deux, ce qui limita la portée des cloches, source de plaintes des villageois. À la Révolution, le bâtiment fut désacralisé et converti en salle des gardes, tribunal, mairie, ou bibliothèque, avant d’être restauré au XIXe siècle. Il abritait deux statues de Jacques Bousseau (1729) représentant Saint Louis et Saint Maurice.
Au XXe siècle, l’église devint brièvement cathédrale du diocèse de Créteil (1966-1987), avant de conserver ce titre à l’honneur. Classée monument historique en 1975, elle fut restaurée en 2007. Son chevet, doté d’un toit à la Mansart et d’un pavillon royal, permettait à Louis XV d’y accéder directement depuis les jardins du château. L’absence d’ordres architecturaux et la tour-clocher détachée en font une réalisations originale du classicisme français.
Les matériaux utilisés, issus des carrières locales (pierre de Saint-Maur, meulière de Choisy, briques d’Igny ou Massy), reflètent une construction ancrée dans son territoire. Le devis initial prévoyait aussi un caveau voûté dans les bas-côtés. Au XIXe siècle, des peintures de Jacques et Paul Pauthe (1878) ornèrent le cul-de-four et les chapelles latérales, tandis que le pavillon royal, occupé par la mairie puis un commissariat, fut restauré à plusieurs reprises.
Aujourd’hui, l’édifice conserve son statut de cathédrale honoraire, témoignant à la fois de son passé royal, révolutionnaire et diocésain. Son architecture, mêlant classicisme et innovations, ainsi que son histoire mouvementée, en font un monument emblématique du Val-de-Marne et de l’Île-de-France.