Origine et histoire de la Cathédrale Saint-Maurice
La cathédrale Saint-Maurice de Vienne, située dans le département de l’Isère en région Auvergne-Rhône-Alpes, est un édifice emblématique dont les origines remontent au IVe siècle. Bien que mentionnée dès 314 comme siège de l’archidiocèse de Vienne, aucune trace architecturale antérieure au Xe siècle n’a subsisté. L’édifice actuel, reconstruit entre le XIIe et le XVIe siècle, mêle styles roman (nef, portails nord) et gothique (chœur, façade). Consacrée en 1251 par le pape Innocent IV, elle fut le théâtre d’événements majeurs comme le concile de Vienne (1311–1312) ordonnant la suppression des Templiers. La cathédrale, classée Monument Historique dès 1840, incarne aussi les tumultes de l’Histoire : pillée en 1562 par les Huguenots, transformée en grenier pendant la Révolution, puis restaurée à partir de 2006.
La façade gothique, achevée au XVIe siècle, domine la place Saint-Maurice avec ses trois portails flamboyants, malgré la destruction des sculptures lors des guerres de Religion. À l’intérieur, la nef de 90 mètres, dépourvue de transept, révèle une harmonie entre les parties romanes (chapiteaux historiés du XIIe siècle) et gothiques (vitraux, triforium). Parmi les trésors, on compte des tapisseries flamandes du XVIe siècle illustrant la vie de saint Maurice, un chef-reliquaire médiéval, et un mausolée du XVIIIe siècle sculpté par Michel-Ange Slodtz. La cathédrale abrite aussi la cathèdre en pierre du XIIIe siècle et un vitrail du XVIe siècle, seul rescapé des destructions.
Saint Maurice, martyr du IIIe siècle en Helvétie, donne son nom à la cathédrale depuis 1251, après la réception de ses reliques en 718. L’édifice fut également le siège de la Primatie des Sept Provinces jusqu’en 1790, date de la suppression de l’archevêché. Aujourd’hui co-cathédrale du diocèse de Grenoble-Vienne, elle conserve des traces de son passé prestigieux : épitaphe du roi Boson de Bourgogne (887), couronnement du pape Calixte II (1119), ou encore le cœur du Dauphin François (1548). Les restaurations récentes, comme celle de la tour nord (2015–2017), perpétuent son héritage architectural et spirituel.