Origine et histoire de la Cathédrale Saint-Nazaire
La cathédrale Saint-Nazaire-et-Saint-Celse de Béziers, classée monument historique dès 1840, s’élève sur un promontoire dominant la plaine de l’Orb, à l’emplacement d’un ancien temple romain dédié à Auguste et Livie. Une église romane et un cimetière y existaient déjà au VIIIe siècle, mais l’édifice fut entièrement détruit lors du sac de Béziers en 1209, pendant la croisade des Albigeois. Seuls quelques vestiges de l’église romane, œuvre de Maître Gervais, subsistent aujourd’hui dans la structure gothique.
La reconstruction débuta vers le milieu du XIIIe siècle, donnant naissance à une cathédrale de style gothique aux influences méridionales. Son clocher carré, haut de 48 mètres, est surmonté d’un campanile en fer abritant une cloche de la fin du XVIIIe siècle, tandis que sa façade ouest, flanquée de deux tours crénelées, domine la rivière. Une rosace de 10 mètres de diamètre et un portail sculpté (aujourd’hui désaffecté) ornent cette façade, où ne subsistent que deux statues allégoriques : Ecclesia et Synagoga, symbolisant l’Église et la Synagogue.
Le cloître, inachevé et adjacent au sud de la cathédrale, abrite des éléments lapidaires médiévaux et des pierres tombales, ainsi qu’une fontaine centrale aujourd’hui installée place de la Révolution. Les galeries, partiellement construites au XIVe siècle, présentent des voûtes sculptées, tandis que le jardin de l’Évêché offre un panorama sur les ponts historiques de l’Orb (dont le Pont-Vieux du XIIIe siècle) et les écluses de Fonseranes. À l’intérieur, l’édifice en croix grecque conserve une crypte du début du XIIIe siècle, des stalles surmontées de tableaux des XVIIe et XVIIIe siècles, et un grand orgue dont le buffet Louis XIII (1633) et la partie instrumentale (remaniée aux XVIIIe–XIXe siècles) furent restaurés en 1993.
La cathédrale, dédiée aux saints Nazaire et Celse, intègre des éléments défensifs comme des mâchicoulis et des créneaux, témoignages de son rôle dans une ville souvent disputée. Les vitraux du chœur, protégés par des grilles de ferronnerie du XIVe siècle, et les gargouilles (certaines en cours de rénovation) rappellent son riche patrimoine artistique. En 1769, le cloître accueillit la sépulture de Barbe Marguerite d’Igny de Risaucourt, princesse du Saint-Empire, illustrant son statut de lieu de mémoire aristocratique.
Enfin, le clocher abrite six cloches, dont un bourdon de 4 tonnes nommé Marie (1788), et une cloche des heures logée dans un campanile en fer forgé. La cathédrale, avec son mélange d’architecture gothique, d’éléments romains et de transformations des XVIIe–XVIIIe siècles, reste un symbole majeur du patrimoine occitan, lié à l’histoire mouvementée de Béziers et du Languedoc.