Origine et histoire de la Cathédrale Saint-Pierre d'Aleth
La cathédrale Saint-Pierre d'Aleth, située dans le quartier Saint-Servan de Saint-Malo (Ille-et-Vilaine), est un édifice préroman construit vers 920. Elle se distingue par son plan inhabituel en Bretagne, inspiré de la basilique Saint-Pierre de Rome, avec deux absides opposées. Ce modèle, rare dans la région, témoigne des échanges culturels et architecturaux de la Bretagne avec le reste de l’Empire carolingien. Les fouilles archéologiques ont révélé des vestiges d’une église carolingienne du IXe siècle, ainsi que des traces d’un édifice gallo-romain du IVe siècle, illustrant l’occupation continue du site.
La cathédrale a été détruite en 1255 lors d’un conflit avec Saint-Malo, après le transfert du siège épiscopal vers cette ville en 1145. Seule l’abside orientale, transformée en chapelle dédiée à saint Pierre et restaurée en 1868, subsiste partiellement. Les vestiges, inscrits aux monuments historiques en 1945 et 1996, ont été consolidés après des fouilles menées entre 1972 et 1978. Ces recherches ont permis de reconstituer les plans des édifices successifs, mettant en lumière une nef unique prolongée par un chœur étroit et deux appendices rectangulaires.
Architecturalement, la cathédrale mesurait 35,75 m de long sur 15,50 m de large, avec une nef rectangulaire sans transept, couverte d’une charpente. Les arcs à simple rouleau et les piliers carrés, sans chapiteaux, reflètent les caractéristiques préromanes. L’abside orientale, couverte d’un cul-de-four en pierres, est le vestige le plus remarquable. Le site, occupé depuis l’Âge du Fer, atteste d’une histoire religieuse et urbaine complexe, marquée par des reconstructions successives et des destructions liées aux tensions politiques locales.
Aujourd’hui, les ruines de la cathédrale Saint-Pierre d’Aleth, propriété de la commune de Saint-Malo, offrent un témoignage exceptionnel de l’architecture préromane bretonne. Leur préservation permet d’étudier les influences carolingiennes en Bretagne et l’évolution des pratiques religieuses dans la région. Le site, bien que partiellement détruit, reste un lieu emblématique du patrimoine historique malouin, accessible au public et intégré dans les listes des monuments protégés.