Origine et histoire de la Cathédrale Saint-Pierre
La cathédrale Saint-Pierre-aux-Liens d'Annecy est le siège du diocèse d'Annecy, dans le département de la Haute-Savoie ; elle est classée monument historique depuis l'arrêté du 30 octobre 1906. À l'origine un lieu de culte du couvent des Célestins, l'édifice, construit par le maître d'œuvre Jacques Rossel avant 1526, était déjà en usage vers 1530. Les Célestins furent remplacés par les Cordeliers en 1534 ; la façade fut achevée en 1535 et l'église consacrée en 1539. En 1538, le couvent devint un lieu de refuge pour le chapitre de Saint-Pierre de Genève, et saint François de Sales y exerça comme évêque au XVIIe siècle. Après la suppression du couvent en 1771, les bâtiments servirent de siège épiscopal de 1782 à 1792. Pendant la Révolution, l'église fut transformée en temple de la Raison et le clocher partiellement abattu en 1794 ; ce clocher ne fut reconstruit qu'en 1828. L'église reçut le statut de cathédrale en 1822 ; elle fut fortement décorée après 1885 puis purgée et restaurée entre 1933 et 1936.
La façade, datée de 1535, est une composition de style strictement Renaissance qui masque la structure basilicale de l'édifice ; selon Marcel Grandjean, elle s'inspire d'un modèle romain, l'église Sainte-Marie-du-Peuple. Cette façade est rythmée de pilastres toscans, couronnée d'un fronton et ajourée d'une rose qui reste, par sa forme, héritière de la tradition gothique, imitant la rose supérieure de la tour sud de la cathédrale Saint-Pierre de Genève, due au même architecte.
Le petit clocher situé côté chœur abrite deux cloches de la fonderie Paccard de Sévrier : le bourdon, accordé en la♯2 et pesant 3 000 kilogrammes, et une seconde cloche, plus petite, accordée en sol♯3.
Un orgue était déjà présent au XVIIIe siècle ; le grand orgue actuel fut construit de 1840 à 1842 par Nicolas-Antoine Lété et a connu plusieurs modifications ultérieures, dont la suppression du positif de dos par Joseph Merklin en 1887. Restauré en 1994 par le facteur Michel Giroud pour se rapprocher de l'état d'origine avec la reconstruction du positif de dos, il comporte trois claviers de 54 notes, un pédalier de 30 notes, des tractions mécaniques et une machine Barker pour le grand orgue. L'instrument est classé au titre des monuments historiques depuis 1972, la partie instrumentale ayant reçu un classement en 1980.
L'édifice est illustré par diverses vues : la nef depuis le portail, la nef et l'orgue depuis le maître-autel, la chaire, le maître-autel, l'orgue de Lété et plusieurs chapelles ; une photographie du clocher réalisée en 1883 et un vitrail montrant François de Sales rencontrant Jeanne de Chantal sont également signalés. Parmi les références figurent notamment les travaux de Georges Grandchamp et Raymond Oursel sur la cathédrale et l'ouvrage de Raymond Oursel sur l'art sacré en Savoie, qui traitent de l'édifice. Des ressources complémentaires et des notices sont disponibles sur des bases et sites spécialisés consacrés au patrimoine, à l'architecture et à la religion.