Origine et histoire de la Cathédrale Saint-Pierre
La cathédrale Saint-Pierre de Vannes, située dans le Morbihan en Bretagne, est un édifice dont la construction s’étale du XIIe au XIXe siècle. Son origine remonte à une première cathédrale romane détruite en 919 par les invasions normandes, puis reconstruite vers 1020 par l’évêque Judicaël et son frère Geoffroi Ier de Bretagne. De cette époque subsiste uniquement la base romane de la tour nord, datée des premières décennies du XIIIe siècle. La reconstruction gothique, lancée au XVe siècle sous l’impulsion de l’évêque Yves de Pontsal (1454–1520), répond à l’afflux de pèlerins attirés par le tombeau de saint Vincent Ferrier, mort à Vannes en 1419 et canonisé en 1455. La nef, consacrée en 1499, est suivie par les transepts (1504–1520) et la chapelle ronde Renaissance (1537), financée par le chanoine Jean Daniélo.
Au XVIIIe siècle, l’évêque Charles-Jean de Bertin entreprend des transformations majeures : la nef est voûtée d’arêtes en pierre de tuffeau (1769–1770), et le chœur est reconstruit entre 1771 et 1774 avec un déambulatoire simplifié. La flèche nord, foudroyée en 1824, est rebâtie en 1825, tandis que la façade occidentale et la tour sud sont restaurées dans un style néo-gothique entre 1868 et 1876. La cathédrale, siège du diocèse de Vannes et basilique mineure depuis 1870, est classée monument historique en 1906. Ses vitraux, majoritairement créés entre 1875 et 1878 par les ateliers Meuret et Lemoine, remplacent ceux détruits lors des travaux du XVIIIe siècle.
Le XXe et XXIe siècles sont marqués par d’importantes campagnes de restauration. Les grandes orgues, reconstruites par Louis Debierre (1884–1895) dans un buffet de 1740, sont restaurées en 1985. Entre 2002 et 2024, la façade, le chœur, les chapelles, le déambulatoire et les vitraux font l’objet de rénovations approfondies, pilotées par la DRAC Bretagne. En 2018, le croisillon nord est réaménagé pour accueillir le tombeau de saint Vincent Ferrier, dans le cadre du 600e anniversaire de sa mort. Depuis janvier 2025, la nef et les chapelles latérales sont en restauration jusqu’en 2027, entraînant la fermeture temporaire de la cathédrale au culte.
L’architecture de la cathédrale allie des éléments gothiques (nef de 47 mètres, transept asymétrique, déambulatoire) et Renaissance (chapelle du Saint-Sacrement, 1537). Son plan, inspiré des basiliques romaines, se distingue par l’absence de collatéraux, remplacés par dix chapelles latérales. Parmi ses trésors, on compte des retables des XVIIe–XVIIIe siècles, une tapisserie des miracles de saint Vincent Ferrier (XVIIe siècle), et un orgue Debierre classé. Les cloches, fondues au XIXe siècle, complètent cet ensemble patrimonial exceptionnel, symbole du rayonnement religieux et culturel de la Bretagne.
La cathédrale abrite également des sépultures remarquables, comme celles des évêques Sébastien de Rosmadec (1646), François d’Argouges (1716), Charles-Jean de Bertin (1774) et Jean-Marie Bécel (1897), ce dernier ayant obtenu le titre de basilique mineure en 1870. Les conflits historiques, comme les rivalités entre chanoines et franciscains aux XIVe–XVe siècles ou les destructions révolutionnaires, ont aussi marqué son histoire. Aujourd’hui, elle reste un lieu de pèlerinage majeur, intégré au Tro Breiz, et un témoin clé de l’évolution architecturale et spirituelle de la Bretagne.