Origine et histoire de la Cathédrale Saint-Sacerdos de Sarlat
La cathédrale Saint-Sacerdos de Sarlat, située en Dordogne, trouve ses origines dans une abbaye bénédictine fondée au IXe siècle, probablement sous l’impulsion de Pépin Ier d’Aquitaine. Épargnée par les raids vikings grâce à son éloignement des voies fluviales, elle fut placée sous la protection de Charles le Gros en 886, puis liée brièvement à Cluny au Xe siècle. Les reliques de saint Sacerdos de Limoges, translatées entre 945 et 962, firent de l’abbatiale un lieu de pèlerinage majeur, tandis que son indépendance fut consolidée sous la protection directe du Saint-Siège en 1153.
L’édifice actuel résulte de plusieurs campagnes de construction. Le clocher-porche roman (XIIe siècle) et la lanterne des morts subsistent de l’abbaye médiévale, tandis que le chœur gothique fut reconstruit entre 1504 et 1519 sous l’évêque Armand de Gontaud-Biron. La nef, démolie au XVIe siècle, ne fut achevée qu’en 1682 grâce à l’intervention de François de Salignac de la Mothe-Fénelon, oncle de l’archevêque de Cambrai. Les voûtes gothiques, la façade et la flèche en bulbe (après 1721) datent de cette période baroque, illustrant une persistance stylistique tardive.
Devenue cathédrale en 1317 lors de la création du diocèse de Sarlat — supprimé en 1801 —, l’ancienne abbatiale fut sécularisée en 1561, réduisant son chapitre à 18 chanoines. Son orgue, œuvre de Jean-François L’Épine (1752), et son buffet, classés aux monuments historiques, témoignent de son rayonnement liturgique. Les guerres de Religion firent disparaître les reliques de saint Sacerdos, mais l’édifice, protégé dès 1840, reste un symbole du patrimoine religieux périgourdin, mêlant héritages roman, gothique et classique.
L’architecture de la cathédrale reflète ces strates historiques : le clocher carré du XIIe siècle, orné de chapiteaux corinthiens, contraste avec les voûtes gothiques du XVIIe et la façade baroque. La translation des reliques de saint Pardoux au XIe siècle, puis leur vol par un moine au profit du Limousin, révèle les tensions entre pouvoirs monastiques et seigneuriaux. Saint Bernard y aurait accompli un miracle en 1147, renforçant son aura spirituelle.
Classée parmi les six grandes abbayes du Périgord avec Paunat ou Terrasson, Sarlat fut la seule à échapper aux pillages normands. Son chartrier, bien que partiellement perdu, conserve des chartes royales et pontificales, comme celle d’Eugène III (1153) confirmant ses possessions. La sécularisation du chapitre au XVIe siècle, coûteuse et malmenée par les guerres, plongea la cathédrale dans une précarité jusqu’au XVIIe siècle, où sa restauration fut enfin menées à terme.