Origine et histoire de la Cathédrale Saint-Théodorit
La cathédrale Saint-Théodorit d'Uzès, située dans le Gard, fut édifiée à partir de 1090 sur les vestiges d’un temple romain. Son premier édifice roman, influencé par l’ordre de Cluny, fut partiellement détruit pendant la croisade des Albigeois (1177), puis rasé en 1621 lors des guerres de Religion. Seul le campanile, la tour Fenestrelle (XIIe siècle), survécut, bien qu’amputé de deux étages. Ce clocher rond, unique en France avec ses baies géminées et sa toiture en tuiles vernissées, symbolise aujourd’hui la résistance du monument à travers les siècles.
Reconstruite entre 1642 et 1663 après sa destruction totale, la cathédrale adopta un style classique marqué par la Contre-Réforme, avec des tribunes en fer forgé destinées aux « Nouveaux Convertis » après la révocation de l’édit de Nantes (1685). Son intérieur, sobre mais élégant, culmine à 18 mètres sous des voûtes d’ogives. La façade néo-romane, ajoutée en 1873, masque l’ancienne structure du XVIIe siècle, tandis que le chœur, remanié après 1801, abrite un maître-autel en marbre (1827) et des peintures des XVIIe et XIXe siècles.
Classée Monument Historique dès 1862 pour sa tour Fenestrelle, puis en totalité en 1963, la cathédrale conserve des trésors comme ses grandes orgues du XVIIe siècle, dont le buffet doré et les volets peints sont uniques en France. Les vitraux (1868) et les tableaux, dont ceux de Simon de Châlons (1550), illustrent son riche passé artistique. La tour, haute de 37 mètres, et ses quatre cloches (dont une de 1600) rappellent son rôle central dans la vie religieuse et civile d’Uzès, depuis son statut d’ancienne cathédrale épiscopale jusqu’à sa fonction actuelle d’église paroissiale.
Le mobilier, en partie dispersé pendant la Révolution, inclut encore des éléments remarquables comme l’autel reliquaire de saint Firmin (XIXe siècle), évêque vénéré comme protecteur de la cité au VIe siècle. Les chapelles latérales, dédiées à des saints locaux (Théodorit, Firmin), et le mausolée de l’évêque Baüyn (XVIIIe siècle) témoignent de son importance spirituelle. La cathédrale, liée à l’histoire mouvementée du diocèse d’Uzès, incarne aujourd’hui un patrimoine à la fois roman, classique et néo-roman, reflétant les bouleversements religieux et politiques de la région.