Origine et histoire de la Cathédrale Saint-Vincent
La cathédrale Saint-Vincent de Viviers, siège épiscopal depuis le IVe siècle, trouve ses origines dans le transfert du diocèse d’Alba-la-Romaine vers 474-487 sous l’évêque Promotus. Ce déplacement, probablement lié à des changements politiques et économiques, marque le début de son histoire. Les fouilles archéologiques ont révélé des vestiges paléochrétiens et un groupe cathédral du haut Moyen Âge, attestant d’une occupation religieuse continue. La cathédrale actuelle, consacrée en 1119 par le pape Calixte II, succède à un sanctuaire plus ancien, détruit puis reconstruit après des incursions sarrasines au VIIIe siècle.
Au XIIe siècle, l’évêque Léodegaire entreprend une reconstruction majeure, inspirée de l’abbatiale de Tournus, avec une nef romane à trois vaisseaux et un chevet à chapelles rayonnantes. La cathédrale subit des transformations gothiques aux XVe et XVIe siècles, notamment sous l’évêque Claude de Tournon (1498-1542), qui érige un chœur flamboyant entre 1516 et 1521. Les guerres de Religion (1562, 1567) endommagent gravement l’édifice, nécessitant des restaurations aux XVIIe et XVIIIe siècles, comme la voûte en pierre reconstruite par Jean-Baptiste Franque (1757-1759).
Le clocher, ou campanile Saint-Michel, datant du XIe siècle, est un vestige défensif caractéristique, avec une base carrée ornée de bandes lombardes et une chapelle dédiée à saint Michel. Haut de 40 mètres après l’ajout d’un étage octogonal au XIVe siècle, il abrite quatre cloches fondues en 1847. Classée Monument Historique en 1906, la cathédrale conserve un mobilier remarquable : un maître-autel baroque en marbre (XVIIIe), des stalles du XVIIe, des tapisseries des Gobelins, et des orgues des XIXe siècle. Son histoire récente est marquée par des restaurations après le séisme de 2019 et des célébrations comme les 900 ans de sa consécration en 2019.
Le vocable de la cathédrale honore saint Vincent, diacre espagnol martyrisé au IVe siècle, patron du diocèse. Son architecture juxtapose une nef romane sobre et un chœur gothique richement sculpté, reflétant les évolutions stylistiques et les vicissitudes historiques. Les fouilles de 1978-1983 ont mis au jour les fondations du cloître des chanoines (XIIIe siècle) et des structures paléochrétiennes, éclairant son passé médiéval. Aujourd’hui, elle reste un lieu de culte actif, confié depuis 2013 à un recteur pour les célébrations diocésaines.
Parmi les éléments liturgiques notables figurent la cathèdre Empire (XIXe), classée Monument Historique, un Christ en croix de 1599-1609, et un ambon en verre et cuivre installé en 2005. Les tapisseries des Gobelins (XVIIIe), représentant des scènes du Nouveau Testament, et les verrières aux armoiries épiscopales soulignent son patrimoine artistique. La cathédrale a aussi été le théâtre d’événements marquants, comme la résistance à l’inventaire de 1906 pendant la séparation des Églises et de l’État, illustrant son ancrage dans la mémoire locale.
Les restaurations successives, notamment après les dégâts des guerres de Religion ou du séisme de 2019, témoignent de sa résilience. Le tremblement de terre de magnitude 4,9, épicentre au Teil, a entraîné sa fermeture temporaire, suivie de travaux de maçonnerie en 2020. Les célébrations récentes, comme la messe chrismale de 2019 pour ses 900 ans, réaffirment son rôle spirituel et culturel en Ardèche. Son mobilier, incluant des statues classées (Vierge à l’Enfant, Ecce Homo) et des tableaux (Mignard, Levieux), enrichit son statut de monument emblématique de la vallée du Rhône.