Origine et histoire de la Cathédrale Sainte-Anne
La cathédrale Sainte-Anne d’Apt, initialement placée sous le double patronage de Notre-Dame et saint Castor au Moyen Âge, est l’une des plus anciennes églises d’Occident dédiées au culte de sainte Anne, dont la fête y était célébrée dès le XIIe siècle. Son histoire remonte à l’Antiquité, avec une première cathédrale paléochrétienne détruite au IIIe siècle, suivie de reconstructions successives après les invasions franques et sarrasines. Les reliques de sainte Anne, selon la tradition rapportées d’Orient au Ier siècle ou par les croisés, y sont vénérées depuis le XIIe siècle, faisant d’Apt un lieu de pèlerinage majeur.
Au XIe siècle, l’évêque Alfant d’Agoult reconstruit la cathédrale sur son emplacement actuel, intégrant une crypte inférieure datant de l’époque mérovingienne. Au XIIe siècle, une reconstruction majeure ajoute une nef gothique et une crypte supérieure, tandis qu’Urbain V (1370) et Grégoire XII (1584) officialisent le culte de sainte Anne. La cathédrale, classée basilique mineure en 1867, subit des transformations aux XVIIe et XVIIIe siècles, dont l’ajout de la chapelle royale Sainte-Anne (1643-1664), attribuée à François de Royers de la Valfenière.
L’édifice, marqué par des styles roman (nefs sud et centrale), gothique (nef nord, voûtes) et baroque (chapelle Sainte-Anne), conserve des éléments remarquables : un clocher roman du XIIe siècle, un vitrail du XIVe siècle offert par Urbain V, et des cryptes abritant des sarcophages et reliquaires. La cathédrale, siège d’un ancien diocèse supprimé en 1801, reste un symbole du patrimoine religieux provençal, mêlant histoire locale, légendes (comme celle des reliques rapportées par Lazare et Marie Madeleine) et architecture médiévale.
Les fouilles archéologiques ont révélé des traces de la première communauté chrétienne d’Apta Julia (IIIe siècle), dont une nécropole et un baptistère dédié à saint Jean-Baptiste. La cathédrale actuelle, fruit de six reconstructions entre le Ve et le XVIIe siècle, illustre les évolutions liturgiques et politiques de la région, des invasions barbares à la Contre-Réforme. Son orgue (1705) et son trésor (voile de sainte Anne, reliquaires) en font un lieu de mémoire et de dévotion toujours actif.
Classée monument historique dès 1846, la cathédrale Sainte-Anne d’Apt doit sa renommée à son rôle dans la diffusion du culte de sainte Anne, dont les reliques, partiellement dispersées (Bretagne, Québec), attiraient les pèlerins depuis le Moyen Âge. La chapelle Sainte-Anne, édifiée après la visite d’Anne d’Autriche en 1660, et les stalles du XVIIIe siècle témoignent de son prestige passé. Aujourd’hui, elle reste un joyau du patrimoine vauclusien, ouvert à la visite et aux célébrations.