Origine et histoire de la Cathédrale Sainte-Eulalie-et-Sainte-Julie
La cathédrale Sainte-Julie-et-Sainte-Eulalie d'Elne, siège de l'évêque du diocèse couvrant le Roussillon, le Vallespir et le Conflent, fut fondée en 571 sous les Wisigoths. Elle domine la ville depuis une éminence, symbole de son importance historique. Construite aux XIe et XIIe siècles, elle incarne l'art roman catalan, avec des influences gothiques ultérieures. Le cloître fut classé monument historique dès 1840, suivi de l'église en 1875.
Les origines de l'évêché remontent à 571, lorsque les Wisigoths, succédant aux Romains, créèrent ce diocèse pour structurer la région après les invasions. Elne, seule cité suffisamment importante, devint le siège épiscopal du Roussillon. Après la reconquête carolingienne au VIIIe siècle, le comté passa sous influence catalane au XIIe siècle. Des fouilles récentes (2018-2019) ont révélé des vestiges de la cathédrale primitive du VIe siècle sous la place des Garaffes, inscrits en 2023.
La construction de l'édifice actuel débuta au XIe siècle, avec des dons attestés en 1042 et 1057. L'autel majeur fut consacré en 1069, mais les travaux se poursuivirent jusqu'au XIIe siècle, voire au XIIIe. La tour-clocher, datée du XIe siècle, porte des traces de l'incendie de 1285 lors de la prise d'Elne par Philippe III le Hardi. Le portail ouest en marbre, endommagé par le feu, témoigne de cet épisode violent.
Au XIVe siècle, un projet d'agrandissement gothique fut lancé, incluant un chevet à sept chapelles rayonnantes (1317-1336), mais abandonné faute de fonds. Le déclin d'Elne au profit de Perpignan, devenue siège épiscopal en 1602, marqua la fin des ambitions architecturales. Les chapelles latérales gothiques, percées entre les XIVe et XVe siècles, illustrent cette transition stylistique.
L'intérieur, de plan basilical à trois nefs, mêle voûtes romanes en berceau et chapelles gothiques. Le chœur, sans transept, comprend trois absides symbolisant la Trinité. La nef, longue de 42 mètres, est éclairée par des fenêtres agrandies au XIXe siècle. Le mobilier inclut une table d'autel romane (1069), des retables gothiques, et un baldaquin baroque (1724).
Le cloître, accolé au nord, et les vestiges de la cathédrale primitive (VIe siècle) complètent cet ensemble historique. Les fouilles récentes et les classifications successives (1840, 1875, 2023) soulignent son importance patrimoniale. L'édifice reflète les évolutions politiques et artistiques du Roussillon, entre influence wisigothique, domination catalane et intégration française.