Origine et histoire de la Cathédrale Sainte-Geneviève-et-Saint-Maurice
La cathédrale Sainte‑Geneviève‑Saint‑Maurice de Nanterre occupe le site d'une paroisse aux origines anciennes, une présence chrétienne y étant attestée dès le IIIe siècle et confirmée au VIe siècle. L'église Saint‑Maurice, plusieurs fois détruite et reconstruite, conserve toutefois un clocher du XIVe siècle, dernier vestige des constructions médiévales. À l'initiative du chanoine Jules Froidevaux, l'ancienne église a été remplacée par une vaste construction de pèlerinage réalisée entre 1924 et 1937 selon les plans de l'architecte Georges Pradelle. Les travaux se sont étalés en plusieurs campagnes : le transept fut édifié de 1924 à 1928, puis le chœur et la crypte entre 1934 et 1937 ; la nef prévue n'a pas été construite en raison du décès du chanoine et des difficultés de l'après‑guerre. La nouvelle église, dessinée sur le modèle des basiliques de pèlerinage romanes, a été bâtie en pierre de Nanterre et de Château‑Landon dans un style romano‑byzantin. L'intérieur est richement décoré de fresques peintes directement sur l'enduit frais sous la direction de Paul Baudoüin, œuvre collective de plusieurs artistes réalisée entre 1926 et 1937 pour plus de 1 000 m2 de surface peinte. L'iconographie rassemble la vie de sainte Geneviève, des paraboles évangéliques, les Béatitudes, le Sacré‑Cœur et le couronnement de la Vierge, formant un ensemble cohérent et exceptionnel. Parmi les grandes compositions, une fresque monumentale du chœur réalisée par Léon Toublanc représente le Sacré‑Cœur entouré de sainte Geneviève et de sainte Jeanne d'Arc ; elle couvre plus de 150 m2 et s'élève à plus de douze mètres. La décoration de la nef et des coupoles, l'ensemble des chapelles et le déambulatoire présentent une répartition thématique des Béatitudes, des Évangélistes et de quatorze paraboles peintes par différents élèves de Baudoüin. Les vitraux du déambulatoire ont été conçus par Louis Barillet et illustrent la Passion du Christ, tandis que le grand vitrail du transept sud, signé par l'abbé Paul Buffet, narre cinq épisodes de la vie de la Vierge. La façade occidentale actuelle, fermée par un porche en 1974, intègre une porte monumentale en métal et verre réalisée par Pierre Sabatier, posée lors des travaux de la même époque. Le clocher du XIVe siècle est classé monument historique depuis 1975 et l'ensemble du bâtiment est inscrit depuis 2010. En 1966, l'église Sainte‑Geneviève est élevée au rang de cathédrale à la création du diocèse de Nanterre. Les démolitions de la façade et de l'ancienne nef en 1972 ont donné lieu à des fouilles qui ont mis au jour des sarcophages mérovingiens, apportant des éléments sur l'histoire funéraire du site. L'orgue construit en 1974 a été déplacé dans une tribune après sa rénovation en 2013 pour ne pas masquer les fresques ; la même campagne de 2012‑2013 a par ailleurs restauré l'ensemble de l'édifice. Le mobilier liturgique contemporain, réalisé en travertin lors des rénovations récentes, comprend le maître‑autel, la cathèdre, l'ambon et le baptistère. La cathédrale conserve aussi une statuaire remarquable, dont une Vierge du XIVe siècle offerte par les carmélites, une statue de sainte Geneviève enfant d'Eugène Bénet et des chapiteaux illustrant la vie de la sainte dessinés par Madeleine Froidevaux‑Flandrin. Le pèlerinage en l'honneur de sainte Geneviève, attesté dès le VIe siècle, a attiré des souverains et se déroule traditionnellement au mois de janvier. Une mosaïque monumentale de Marko Rupnik, inaugurée en 2017 sur le parvis, représente sainte Geneviève confiant au Christ la tour Eiffel et complète la lecture contemporaine du lieu. La cathédrale demeure dédiée à sainte Geneviève, native de Nanterre, et à saint Maurice d'Agaune, martyrs et patrons honorés dans son iconographie et ses chapelles.