Frise chronologique
429
Rencontre de sainte Geneviève
Rencontre de sainte Geneviève
429 (≈ 429)
Germain d’Auxerre et Loup de Troyes bénissent Geneviève.
XIVe siècle
Construction du clocher
Construction du clocher
XIVe siècle (≈ 1450)
Seul vestige médiéval encore debout aujourd’hui.
1924-1937
Reconstruction de l’église
Reconstruction de l’église
1924-1937 (≈ 1931)
Projet romano-byzantin avec fresques monumentales.
9 octobre 1966
Création du diocèse
Création du diocèse
9 octobre 1966 (≈ 1966)
L’église devient cathédrale de Nanterre.
5 mai 1975
Classement du clocher
Classement du clocher
5 mai 1975 (≈ 1975)
Protection au titre des monuments historiques.
2012-2013
Restauration intégrale
Restauration intégrale
2012-2013 (≈ 2013)
Travaux financés par la ville et le diocèse.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Le clocher (cad. CP 49) : classement par arrêté du 5 mai 1975 - La cathédrale en totalité (cad. CP 48, 49, cf plan annexé à l'arrêté) : inscription par arrêté du 23 septembre 2010
Personnages clés
| sainte Geneviève - Patronne de Paris et du diocèse |
Née à Nanterre, liée au puits miraculeux. |
| Jules Froidevaux - Chanoine initiateur |
Porta le projet de reconstruction (1924-1943). |
| Georges Pradelle - Architecte principal |
Conçut l’édifice romano-byzantin actuel. |
| Paul Baudoüin - Maître fresquiste |
Dirigea la réalisation des 1 000 m² de fresques. |
| Pierre Sabatier - Artiste contemporain |
Créa la porte monumentale (1974). |
| Louis Barillet - Peintre-verrier |
Réalisa les vitraux du déambulatoire (Passion). |
Origine et histoire
La cathédrale Sainte-Geneviève-et-Saint-Maurice de Nanterre trouve ses origines dans une église paroissiale médiévale dédiée à saint Maurice, attestée dès le IIIe siècle. Ce lieu de culte, seul édifice religieux de la presqu’île de Gennevilliers à l’époque antique, devint un centre de pèlerinage majeur après la rencontre en 429 de sainte Geneviève, alors enfant, avec les évêques Germain d’Auxerre et Loup de Troyes. La jeune fille, future patronne de Paris, y acquit une importance spirituelle durable, attirant des pèlerins comme saint Louis ou Louis XIII. Le site abritait aussi une chapelle Sainte-Geneviève, construite vers le XIe siècle sur la maison familiale de la sainte et son puits miraculeux, réputé pour des guérisons.
Au Moyen Âge, l’église Saint-Maurice, partiellement détruite lors des conflits (incendie de 1346 par les Anglais, ravages des Armagnacs en 1411), fut reconstruite à la fin du XVe siècle sous l’impulsion du curé Jean Gaillard. Le clocher actuel, seul vestige de cette époque, date du XIVe siècle et est classé monument historique depuis 1975. La Révolution transforma brièvement l’édifice en Temple de la Raison, avant son retour au culte catholique. Au XIXe siècle, le pèlerinage reprenait de l’ampleur, menant à la reconstruction de la chapelle Sainte-Geneviève en 1880 et à des projets de rénovation de l’église, jugée trop vétuste.
La reconstruction majeure eut lieu entre 1924 et 1937, initiée par le chanoine Jules Froidevaux, qui souhaitait ériger une grande basilique de pèlerinage digne de sainte Geneviève. Les architectes Georges Pradelle et Yves-Marie Froidevaux conçurent un édifice romano-byzantin, orné d’un ensemble exceptionnel de fresques (plus de 1 000 m2) dirigées par Paul Baudoüin et ses élèves. Ces œuvres, réalisées entre 1926 et 1937, illustrent la vie de la sainte, les Béatitudes, et des paraboles évangéliques, formant un programme iconographique cohérent. Seule la nef prévue ne fut jamais construite, en raison de la mort de Froidevaux (1943) et des contraintes de l’après-guerre.
L’église devint cathédrale en 1966 avec la création du diocèse de Nanterre, correspondant au nouveau département des Hauts-de-Seine. Les années 1970 virent la démolition de l’ancienne nef et la construction d’un porche moderne avec une porte monumentale de Pierre Sabatier (1974). Des fouilles archéologiques révélèrent alors des sarcophages mérovingiens. Entre 2012 et 2013, une restauration intégrale (5 millions d’euros) redonna éclat à l’édifice, incluant la rénovation de l’orgue (1974) et l’ajout d’une mosaïque de Marko Rupnik sur le parvis (2017). Aujourd’hui, la cathédrale allie héritage médiéval, art déco, et modernité, tout en restant un lieu de pèlerinage actif, notamment en janvier.
Le décor intérieur se distingue par ses fresques, comme celle du Sacré-Cœur (Léon Toublanc) où sainte Geneviève et sainte Jeanne d’Arc encadrent le Christ, ou les paraboles évangéliques du déambulatoire. Les vitraux, signés Louis Barillet (Passion du Christ) et Paul Buffet (vie de la Vierge), complètent cet ensemble artistique. La crypte, les chapelles latérales (dont celle dédiée à saint Maurice et aux soldats de 14-18), et la statuaire (comme la Notre-Dame-des-Champs du XIVe siècle) témoignent de la richesse patrimoniale du site. Enfin, la cathédrale reste un symbole identitaire pour Nanterre, lieu de naissance de sa sainte patronne.