Origine et histoire de la Cathédrale Sainte-Marie
La cathédrale Sainte-Marie de Lombez, située dans le Gers en Occitanie, fut construite aux XIVe et XVe siècles après la création du diocèse de Lombez en 1317 par le pape Jean XXII. Elle devint le siège épiscopal d’un diocèse issu du redécoupage de l’archevêché de Toulouse, avant d’être rattachée à Bayonne et Toulouse après le concordat de 1801. Son architecture gothique méridional, inspirée des Jacobins de Toulouse, se distingue par ses deux nefs inégales et son clocher octogonal de 43 mètres, typique de la région.
L’histoire de Lombez remonte à une légende liée à saint Majan, évêque d’Antioche qui se serait retiré dans la région au VIe ou VIIe siècle. Un oratoire fut érigé sur sa tombe, devenant un lieu de pèlerinage. Au IXe siècle, une abbaye bénédictine y fut fondée, puis transformée en abbaye augustinienne au XIIe siècle après un rattachement au chapitre de Toulouse. Les reliques de saint Majan, transférées en 892, créèrent une tension durable avec les habitants.
La construction de la cathédrale débuta après 1317, avec le clocher et la première travée, sous l’épiscopat d’Arnaud Roger (1317–1328), premier évêque de Lombez. Son successeur, Jacques Colonna (1328–1341), ami du poète Pétrarque — nommé chanoine honoraire en 1330 —, joua un rôle clé dans les premières phases des travaux. Les chevauchées du Prince Noir (1356–1376) et les guerres de Religion épargnèrent partiellement l’édifice, bien que des réparations aient été nécessaires.
Le plan initial prévoyait une cathédrale à trois nefs, mais seul le vaisseau nord fut achevé, faute de moyens. La nef sud, jamais construite, laisse visible des piliers préparatoires. La cathédrale fut consacrée tardivement, en 1770, après des modifications intérieures pour s’adapter aux préceptes tridentins. Le sol fut rehaussé pour contrer l’humidité due à la proximité de la Save. Classée Monument Historique dès 1846, elle abrite un mobilier remarquable, dont des stalles du XVIIe siècle, un orgue du XVIIIe et des vitraux des XVe–XVIe siècles.
L’orgue, dont le buffet date de 1743, et les verrières médiévales attribuées à Arnaud de Moles comptent parmi ses trésors. En 2020, une Mise au Tombeau polychrome du XVe siècle y fut redécouverte. Après la Révolution, l’évêché fut supprimé en 1790, et la cathédrale perdit sa fonction épiscopale. Aujourd’hui, elle reste un témoignage majeur du gothique toulousain et de l’histoire religieuse occitane.
Architecturalement, la cathédrale se caractérise par ses mirandes (chemins de ronde), ses voûtes quadripartites, et son mélange de brique et pierre. La façade ouest, en pierre, contraste avec le reste de l’édifice en brique. Les chapelles latérales, les vitraux et le clocher à baies géminées en mitre illustrent l’influence des ordres mendicants et des techniques locales. Les restaurations des XIXe et XXe siècles ont préservé son intégrité, tout en révélant des éléments médiévaux comme le baptistère du XIIe siècle.