Origine et histoire de la Cathédrale Sainte-Marie-Majeure
La cathédrale Notre-Dame-de-la-Major, aussi appelée Sainte-Marie-Majeure, est le siège de l’archevêque de Marseille. Construite entre 1852 et 1893 en style néo-byzantin par l’architecte Léon Vaudoyer, elle remplace une ancienne cathédrale romane du XIIe siècle, elle-même édifiée sur les vestiges d’une église paléochrétienne. Son architecture mêle influences orientales et occidentales, avec des coupoles, des clochers, et une décoration intérieure en marbre et porphyre.
Le site abrite des vestiges archéologiques majeurs, dont un baptistère paléochrétien, le plus grand des Gaules, et des mosaïques du XIe siècle. La cathédrale actuelle, longue de 142 mètres, est érigée en basilique mineure en 1896. Elle combine des éléments romans, gothiques et byzantins, avec des matériaux précieux comme le marbre de Carrare, l’onyx de Tunisie et des mosaïques vénitiennes. Son portique monumental, flanqué de tours, est orné de statues des apôtres et de saints provençaux.
La construction, lancée par Eugène de Mazenod et inaugurée par Louis-Napoléon Bonaparte, dura 40 ans sous la direction successive de trois architectes : Vaudoyer, Esperandieu et Révoil. La cathédrale abrite le tombeau de saint Eugène de Mazenod, fondateur des Oblats de Marie-Immaculée, et accueille chaque année la procession de la Madone le 15 août. Classée monument historique en 1906, elle fait l’objet de restaurations récentes dans le cadre du projet Euroméditerranée.
L’ancienne cathédrale romane, dite Vieille Major, partiellement conservée malgré les protestations du XIXe siècle, présente un chœur à abside et une coupole octogonale. Elle contient des éléments Renaissance, comme l’autel de saint Lazare, et une déposition de croix attribuée à l’atelier della Robbia. Déclassée en église paroissiale, elle est aujourd’hui fermée au public.
Les fouilles du XIXe siècle ont révélé des fragments de mosaïques et de murs en calcaire rose, attestant d’une cathédrale primitive de plus de 60 mètres de long. Une restauration carolingienne y ajoutait des décors sculptés, tandis que l’évêque Pons I reconstruisait l’abside au XIe siècle. Ces vestiges, partiellement disparus, témoignent de l’importance religieuse du site depuis le Ve siècle.
La cathédrale actuelle, avec ses cinq coupoles et ses 70 mètres de hauteur, peut accueillir 3 000 personnes. Son déambulatoire, ses chapelles rayonnantes et son autel en marbre de Carrare en font un édifice unique. Les façades, traitées en bandes polychromes, alternent pierre de Cassis et marbre vert de Florence, tandis que l’intérieur est orné de mosaïques inspirées des églises de Lucques et Sienne.