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Caves Saint-Sauveur dans les Bouches-du-Rhône

Caves Saint-Sauveur

    37 Rue Henri Tasso
    13002 Marseille

Frise chronologique

Âge du Fer
Antiquité
Haut Moyen Âge
Moyen Âge central
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
100 av. J.-C.
0
900
1700
1800
1900
1000
2000
entre 150 av. J.-C. et 50 ap. J.-C.
Construction estimée
IXe siècle
Implantation de l'abbaye
1791
Vente de l'abbaye
1840
Classement Monument Historique
1943
Destruction partielle
1977
Fouilles archéologiques
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Caves Saint-Sauveur : classement par liste de 1840

Personnages clés

Louis Antoine de Ruffi - Historien (XVIIe siècle) Premières descriptions des neuf grottes souterraines.
Jean-Baptiste Grosson - Érudit (XVIIIe siècle) Hypothèse des bains publics ou magasins d’arsenal.
Comte Christophe de Villeneuve-Bargemon - Statisticien du département Théorie d’une caserne romaine (début XIXe).
Prosper Mérimée - Inspecteur des Monuments Historiques Classement en 1840, identification comme magasins.
Michel Clerc - Archéologue (début XXe) Sous-estimation initiale de leur intérêt.
Mme Suarez d'Aulan - Dernière abbesse (1763-1792) Accès aux caves pour Grosson avant 1792.

Origine et histoire

Les caves Saint-Sauveur sont un édifice souterrain gallo-romain situé sous la place de Lenche, dans le 2e arrondissement de Marseille. Classées monument historique en 1840, elles se trouvent à l’emplacement de l’ancienne abbaye de Saint-Sauveur, fondée au IXe siècle et détruite après la Révolution. Leur structure, composée de murs en grand appareil de calcaire rose, suggère une datation entre 150 av. J.-C. et 50 ap. J.-C., confirmée par des fouilles archéologiques en 1977.

Décrites dès le XVIIe siècle par l’historien Louis Antoine de Ruffi comme un ensemble de neuf grottes souterraines, ces caves ont suscité l’intérêt des érudits. Au XVIIIe siècle, Jean-Baptiste Grosson et le comte de Villeneuve-Bargemon y voient respectivement des bains publics ou une caserne romaine. Leur fonction exacte reste débattue : citernes pour l’approvisionnement en eau lors des sièges (comme celui de Jules César) ou entrepôts pour denrées et matériel naval, hypothèse renforcée par une inscription mentionnant des dendrophores (charpentiers).

Au XIXe siècle, Prosper Mérimée les classe comme magasins antiques, mais leur préservation est menacée par des destructions partielles, notamment en 1943 lors de la reconstruction du quartier après la Seconde Guerre mondiale. Les fouilles de 1977 révèlent leur rôle de soutènement entre deux plateformes à niveaux différents : une place supérieure (actuelle place de Lenche) et une place inférieure dallée. Leur architecture, comparable aux remparts grecs du Jardin des Vestiges, en fait un témoignage rare de l’urbanisme antique marseillais.

Aujourd’hui, les caves ne sont plus visibles, remblayées sous l’école Notre-Dame de la Major. Leur étude reste limitée aux descriptions historiques et aux brèves interventions archéologiques, soulignant leur importance malgré leur disparition partielle. Leur classement précoce (1840) témoigne de leur reconnaissance comme vestige majeur, bien que leur préservation ait été compromise par les aménagements urbains successifs.

Liens externes