Frise chronologique
1824
Fondation de l’usine
Fondation de l’usine
1824 (≈ 1824)
Création par Garrigou, Massenet et Cie.
1897
Construction de la centrale
Construction de la centrale
1897 (≈ 1897)
Mise en service pour l’éclairage et l’énergie.
1902
Extension énergétique
Extension énergétique
1902 (≈ 1902)
Fourniture d’énergie mécanique et thermique.
1911-1920
Agrandissements majeurs
Agrandissements majeurs
1911-1920 (≈ 1916)
Ajout de la tour et d’un second bâtiment.
1983
Fermeture de l’usine
Fermeture de l’usine
1983 (≈ 1983)
Fin de l’activité sidérurgique historique.
1995
Ouverture du musée
Ouverture du musée
1995 (≈ 1995)
Reconversion en espace culturel et historique.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Centrale avec sa tour, ses machines (conformément à l'inventaire du 4 juin 1996 annexé au dossier) , ses canaux d'amenée et de fuite, située dans un ensemble immobilier, lots numéros 1 (composé d'une partie de terrains industriels et de rochers, sur laquelle se trouve implantée une centrale hydroélectrique dite station numéro 1, les grilles de ladite station et le bief d'arrivée en amont des grilles) , 2 (composé d'une partie de terrain de 105 m2 contiguë à la station numéro 1 et située à l'intérieur du lot numéro 1 avec un petit bâtiment adossé à la station, quatre pylônes métalliques supportant une herse d'arrivée et de départ, de lignes de transport d'énergie électrique) et 3 (composé d'un canal de fuite en béton de 250 mètres amenant les eaux de la rivière du Tarn de la station numéro 1 à la station numéro 2) (cad. AK 83) : classement par arrêté du 5 juillet 1996
Personnages clés
| Léon Talabot - Industriel et gérant (1832-1864) |
Modernisa l’usine et développa la production. |
| Adolphe Espinasse - Directeur technique (1876-1892) |
Pionnier des fours Siemens et aciers électriques. |
| Eugène Espinasse - Directeur (à partir de 1903) |
Poursuivit la modernisation et l’électrification. |
| François-Gabriel de Solages - Vicomte et industriel (XVIIIe s.) |
Premières tentatives de forge au Saut de Sabo. |
Origine et histoire
La centrale hydroélectrique n°1 du Saut du Tarn a été construite en 1897 au cœur d’un vaste site métallurgique de 20 hectares exploité depuis 1824 par la Société des Hauts-Fourneaux, Forges et Aciéries du Saut-du-Tarn. Elle fut mise en service pour éclairer l’usine et fournir, dès 1902, énergie mécanique et thermique. Ce complexe, installé sur une chute rocheuse de 20 mètres, s’était spécialisé dans la production d’acier, de faux, de limes et de ressorts, tirant parti de la force hydraulique du Tarn et des ressources locales en minerai de fer et charbon.
L’architecture initiale de la centrale, en pierre locale et brique décorative, fut préservée lors des agrandissements successifs (1911, 1915, 1920). Une tour des départs de lignes électriques, ressemblant à un phare, fut ajoutée vers 1915, tandis qu’un second bâtiment fut construit à l’aplomb du Tarn vers 1920. À l’intérieur, les machines d’origine — dynamos, turbines, convertisseurs de courant et tableaux de contrôle — sont restées en place jusqu’à l’arrêt définitif de la centrale en 1990. Ce site, classé Monument Historique en 1996, illustre l’innovation industrielle de la fin du XIXe siècle.
La centrale s’inscrit dans une histoire industrielle débutée dès le XIIe siècle avec des moulins et martinets actionnés par la chute du Tarn. Au XIXe siècle, l’usine connut son essor sous la direction d’industriels comme Léon Talabot (1832-1864) et Adolphe Espinasse (1876-1892), qui modernisèrent les procédés de production d’acier et diversifièrent les fabrications (limes, vannes, outils aratoires). La centrale hydroélectrique marqua un tournant en permettant une autonomie énergétique, essentielle pour soutenir la croissance de l’usine jusqu’au milieu du XXe siècle.
Après la fermeture du site sidérurgique en 1983, la centrale n°1 fut reconvertie en 1995 en Espace Culturel du Saut-du-Tarn, un musée retraçant 160 ans d’histoire industrielle. Le bâtiment, avec ses machines conservées in situ, ses canaux d’amenée et sa tour caractéristique, témoigne de l’âge d’or de la métallurgie tarnaise. Aujourd’hui, il attire environ 10 000 visiteurs annuels, célébrant un patrimoine technique et social unique en Occitanie.