Origine et histoire du Centre de l'Architecture et du Patrimoine
Le palais de l'Isle, aussi appelé palais de l'Île, est une ancienne maison forte construite au XIIe siècle sur un îlot formé par le Thiou, à Annecy. Ce monument emblématique, remanié à plusieurs reprises, servit successivement de prison, de palais de justice et de lieu de perception de péage. Son architecture en forme de fuseau, avec un noyau central datant du XIIe ou XIIIe siècle, reflète son rôle stratégique dans la vieille ville.
Au Moyen Âge, le palais fut contrôlé par les seigneurs de l'Île, vassaux des comtes de Genève, avant de passer sous l'autorité des Monthouz au XIVe siècle. En 1356, le comte Amédée III y établit un atelier monétaire, actif jusqu'en 1392. Au XVe siècle, la famille de Luxembourg-Martigues le transforma en demeure princière, avant qu'il ne redevienne un lieu judiciaire et carcéral sous les ducs de Genevois-Nemours.
À partir du XVIIe siècle, le palais abritait les prisons du Genevois et le palais de justice, avec des salles d'audience et des cachots encore visibles aujourd'hui. Classé monument historique en 1900, il échappa à la destruction malgré des usages variés (caserne, asile, entrepôt). Depuis les années 1980, il accueille le Centre d'Interprétation de l'Architecture et du Patrimoine (CIAP), proposant des expositions sur l'histoire locale et des visites de ses espaces historiques, comme la chapelle triangulaire ou les anciennes cellules.
Les restaurations récentes (2016-2017) ont préservé ses façades et sa toiture, tout en mettant en valeur son rôle passé. Le palais illustre ainsi près de neuf siècles d'histoire savoyarde, mêlant pouvoir seigneurial, justice et patrimoine architectural. Son emplacement insolite, au cœur d'Annecy, en fait un symbole de la ville, entre héritage médiéval et valorisation contemporaine.
Les éléments remarquables incluent la loggia de la salle d'audience, les cachots superposés le long du Thiou, et le « banc du droit » où étaient proclamés les édits. La chapelle, flanquée d'une tourelle de latrines, et les banches (bureaux des avocats) complètent ce site classé, propriété de la commune depuis le XIXe siècle.