Achat du château par la régie des tabacs 1811 (≈ 1811)
Ancien château épiscopal transformé en dépôt.
1853-1855
Construction du centre de fermentation
Construction du centre de fermentation 1853-1855 (≈ 1854)
Remplacement du château par André Weyer.
1918
Incendie du bâtiment
Incendie du bâtiment 1918 (≈ 1918)
Toiture et poteaux restaurés ensuite.
1988
Fin de l’activité et classement
Fin de l’activité et classement 1988 (≈ 1988)
Rachat par la commune et inscription MH.
20 décembre 1988
Protection des façades et toitures
Protection des façades et toitures 20 décembre 1988 (≈ 1988)
Arrêté d’inscription aux monuments historiques.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Façades et toitures du complexe industriel et du pavillon administratif (cad. D 1408/352) : inscription par arrêté du 20 décembre 1988
Personnages clés
André Weyer - Architecte de la régie des tabacs
Concepteur du centre en 1853-1855.
Patrick Zink - Auteur d’une étude sur la reconversion
Mémoire en 1996 (École d’Architecture de Strasbourg).
Origine et histoire du Centre de fermentation des tabacs
Le centre de fermentation des tabacs de Benfeld est un édifice industriel construit au 3e quart du XIXe siècle (1853-1855) pour remplacer un ancien château épiscopal, devenu insuffisant pour les besoins de la régie des tabacs. Ce château, acquis en 1811 par la régie, servait initialement de dépôt avant d’être rasé pour laisser place à un complexe moderne. Le nouveau bâtiment, conçu par l’architecte André Weyer, permettait de stocker et préparer le tabac récolté localement avant son acheminement vers la manufacture d’Obernai. Son architecture, marquée par un quadrilatère à cour centrale et des façades en grès rose et brique, reflète une fonction à la fois utilitaire et monumentale.
Endommagé par un incendie en 1918, le site fut restauré avec des modifications mineures, comme le remplacement des toits en ardoise par des tuiles et des poteaux en bois par du béton. L’activité industrielle cessa définitivement en 1988, date à laquelle la commune de Benfeld racheta les bâtiments et les fit inscrire aux monuments historiques la même année. Aujourd’hui, le complexe, composé d’un bâtiment de préparation et d’un pavillon administratif, témoigne de l’histoire industrielle alsacienne liée à la culture du tabac.
Le site s’inscrit dans une tradition locale ancienne : dès l’instauration du monopole des tabacs, Benfeld abritait un magasin dédié, d’abord installé dans le château des évêques de Strasbourg. La construction du centre de fermentation en 1853-1855 marqua une modernisation des infrastructures, adaptée à l’essor de la production tabagique régionale. Les façades et toitures du complexe, ainsi que le pavillon administratif, furent protégés par arrêté du 20 décembre 1988, soulignant leur valeur patrimoniale.
L’architecture du centre, sobre mais élégante, combine des éléments fonctionnels (cour fermée, niveaux multiples) et décoratifs (bandes de grès rose, baies en plein-cintre). Ce mélange de brique et de pierre, typique des constructions industrielles alsaciennes du XIXe siècle, en fait un exemple remarquable du patrimoine technique de la région Grand Est. Le site, aujourd’hui propriété communale, pourrait faire l’objet de projets de reconversion, comme évoqué dans des études universitaires (ex. : mémoire de Patrick Zink, 1996).