Origine et histoire du Centre historique minier
Le Centre historique minier de Lewarde est installé sur le site de la fosse Delloye, un ancien charbonnage du bassin minier du Nord-Pas-de-Calais exploité par la Compagnie des mines d'Aniche. Ouverte en 1911, sa construction fut interrompue par la Première Guerre mondiale, puis reprise en 1921. Le puits no 1 entra en service en 1927, suivi du puits no 2 en 1932. Ces installations permirent l'extraction de charbon gras et demi-gras jusqu’à leur fermeture en 1971, après l’épuisement des gisements.
La fosse Delloye fut choisie en 1973 pour devenir un musée minier, sous l’impulsion d’Alexis Detruys, Secrétaire Général du Bassin du Nord-Pas-de-Calais. Le Centre historique minier ouvrit en 1984, préservant les bâtiments, chevalements, et machines d’origine. Il propose aujourd’hui des visites de galeries reconstituées, des expositions sur l’évolution des techniques minières, et abrite 2 700 mètres linéaires d’archives, incluant 550 000 documents photographiques et 500 films.
Classé aux monuments historiques en 2009, le site fut également inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO en 2012, aux côtés de 108 autres sites du bassin minier. Les terrils cavaliers nos 220 et 220A, ainsi que les cités minières voisines, complètent ce patrimoine industriel. Une catastrophe minière en 1966, causant la mort de deux mineurs, marque aussi son histoire.
Le musée, labellisé Musée de France, joue un rôle culturel majeur, accueillant expositions temporaires, tournages, et collectes de témoignages d’anciens mineurs. Les bâtiments classés incluent les chevalements, la salle des compresseurs, le criblage, et les anciennes infrastructures comme la lampisterie ou l’infirmerie. L’architecte Henri Guchez supervisa la reconversion du site dans les années 1980.
La fosse Delloye s’inscrit dans un réseau de sites miniers préservés, aux côtés des fosses Arenberg, no 11-19, et no 9-9 bis. Sa conservation illustre la transition du bassin minier, passé d’une économie industrielle à un patrimoine mémoriel et touristique. Les terrils et cités environnantes, typiques de l’après-nationalisation de 1946, rappellent aussi l’organisation sociale des mineurs.
Le Centre historique minier reste un lieu de transmission, alliant préservation technique et pédagogie, pour perpétuer la mémoire des gueules noires et de leur héritage industriel.