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Centre hospitalier spécialisé Charles Perrens à Bordeaux en Gironde

Centre hospitalier spécialisé Charles Perrens

  • 33000 Bordeaux
Centre hospitalier spécialisé Charles Perrens
Centre hospitalier spécialisé Charles Perrens
Centre hospitalier spécialisé Charles Perrens
Crédit photo : Sylvain Machefert / Symac - Sous licence Creative Commons
Propriété d'un établissement public départemental
119 Rue de la Bechade 33000 Bordeaux

Frise chronologique

Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1600
1700
1800
1900
2000
1586
Rachat par la jurade
XVIe siècle
Fondation de l'Enclos-Guiraud
1761
Ajout d'une fontaine
1802
Création de l'Asile Saint-Jean
1845
Établissement réservé aux femmes
1886
Acquisition du domaine
1887-1897
Construction de l'asile
1972
Établissement mixte
1974
Rebaptisation du centre
1997
Inscription aux Monuments historiques
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Les façades et les toitures des deux bâtiments occidental et oriental encadrant la cour d'honneur ; les anciennes cuisines ; les anciens pavillons des bains ; la chapelle ; la fontaine datée de 1761 (cad. IE 35) : inscription par arrêté du 9 septembre 1997

Personnages clés

Arnaud Guiraud Fondateur de l'Enclos-Guiraud au XVIe siècle.
Jean-Jacques Valleton Architecte responsable de la construction de l'asile à la fin du XIXe siècle.
Dr Taguet Médecin-chef ayant assisté Valleton dans la conception de l'asile.
Charles Perrens Médecin-chef en poste de 1920 à 1952, en hommage à qui le centre a été rebaptisé.
Pauline Herzl Fille de Theodor Herzl, décédée dans l'établissement en 1930.

Origine et histoire

Le Centre hospitalier spécialisé Charles-Perrens, mieux connu sous le nom de Château-Picon, est un établissement psychiatrique situé au 121 rue de la Béchade à Bordeaux. Construit entre 1887 et 1897 par l'architecte Jean-Jacques Valleton, élève de Paul Abadie, avec l'assistance du médecin-chef Dr Taguet, il a été conçu selon les théories aliénistes de l'époque. L'organisation en double peigne comprend douze pavillons disposés perpendiculairement à une longue galerie centrale, avec une hauteur décroissante du centre vers la périphérie et des pavillons affectés à des pathologies spécifiques. La cuisine occupe le centre de l'établissement ; la buanderie est isolée et le pavillon des bains, coiffé d'une tour à l'allure médiévale, est placé au nord face à la chapelle. Le vaste bâtiment administratif se trouve à l'entrée et des maisons d'habitation étaient prévues pour les responsables ; les anciens murs du château ont été réaménagés en pensionnat pour les malades fortunés. Cet asile fut présenté à la fin du XIXe siècle comme un modèle d'institution psychiatrique. L'édifice le plus ancien du centre est inscrit au titre des Monuments historiques depuis 1997.

Les origines de l'établissement remontent à l'Enclos-Guiraud, fondé selon la tradition par Arnaud Guiraud au XVIe siècle pour accueillir les malheureux ; il comprenait vingt-quatre maisonnettes et des enclos en bois ouvrant sur un jardin, entretenus par un concierge rémunéré par les loyers. Racheté par la jurade de Bordeaux en 1586, l'enclos a servi successivement d'accueil pour pestiférés et lépreux, d'infirmerie pour marins, de dépôt de mendicité et de maison de force, tout en conservant son rôle auprès des personnes aliénées. Les aménagements se sont poursuivis au fil des siècles, avec notamment l'ajout d'une fontaine en 1761. À la fin de l'Ancien Régime, la prise en charge s'est dégradée faute de financements, puis la direction fut reprise par les Sœurs de Nevers.

En 1802, l'enclos accueillit le nouvel asile baptisé Asile Saint-Jean, qui reçut des hommes et des femmes confiés aux soins des Sœurs de la Charité de Nevers et fit l'objet d'agrandissements pour loger davantage de patients ainsi que d'un pensionnat pour les plus aisés. À partir de 1841 l'asile releva de l'autorité nationale et, à compter de 1845, devint un établissement réservé aux femmes après échanges de patients avec l'asile de Cadillac. Au XIXe siècle, l'extension urbaine de Bordeaux provoqua la décision de transférer l'asile hors du quartier Saint-Jean, aboutissant à un conflit juridique avec la ville qui se termina par l'obligation de quitter les lieux et une participation municipale aux frais de construction du nouvel asile.

Le domaine dit Château-Picon, alors étendu sur 22 hectares et comprenant une maison de maître du XVIIIe siècle, fut acquis en 1886 et le projet retenu s'inspira de l'hôpital Saint-Saviour's Union Infirmary de Champion Hill, avec un plan en trois blocs et des fonctions administratives et religieuses au centre. Les travaux commencés en 1887 rencontrèrent des retards ; seulement huit pavillons étaient achevés en 1889, la construction se concluant en 1890 et l'accueil des premiers patients débutant peu après. Face à la croissance des effectifs, l'établissement fut étendu entre 1895 et 1897 par quatre pavillons supplémentaires, puis par deux autres entre 1906 et 1908. L'asile s'étendait sur 22 hectares, dont un pensionnat de 3 hectares pour les patients fortunés, et son coût de construction s'éleva à 2 300 000 francs.

Après un siècle de prise en charge exclusivement féminine, l'hôpital devint mixte à partir de 1972 et fut rebaptisé en 1974 Centre hospitalier Charles-Perrens en hommage au médecin-chef en poste de 1920 à 1952. Ce changement s'accompagna d'une évolution vers la sectorisation et les soins extra-hospitaliers ; depuis trois décennies l'établissement est considéré comme un pôle d'innovation en psychiatrie, enseignement et recherche. Le site est aujourd'hui implanté à proximité de l'université de Bordeaux et du groupe hospitalier Pellegrin (CHU de Bordeaux). L'inscription aux Monuments historiques, prononcée le 9 septembre 1997, concerne les façades et toitures des deux bâtiments encadrant la cour d'honneur, les anciennes cuisines, les anciens pavillons des bains, la chapelle et la fontaine de 1761.

Sur le plan architectural, Valleton et le Dr Taguet ont intégré les principes aliénistes du XIXe siècle, tels que la séparation des sexes, la répartition des malades et l'importance des espaces de promenade. L'hygiène guida la conception : chaque pavillon dispose de sanitaires et de lavabos, la buanderie est isolée et le ruisseau du Peugue contribuait à l'approvisionnement en eau. L'architecture mêle influences néo-gothiques et fonctionnalistes héritées de Paul Abadie et Viollet-le-Duc, visibles dans les arcs brisés, contreforts et la tour d'eau à l'allure défensive, tandis que des matériaux industriels comme la fonte apparaissent dans les colonnes des pavillons. La décoration reste sobre, limitée surtout au bâtiment administratif et à la chapelle, en accord avec la pensée aliéniste qui privilégiait des décors restreints pour les patients. Parmi les personnalités liées à l'établissement, Pauline Herzl, fille de Theodor Herzl, y est décédée le 8 septembre 1930.

Liens externes

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