Origine et histoire
Le Centre Hospitalier Régional Bretonneau, situé à Tours, trouve ses origines en 1656 avec la création de l’Hôpital Général de la Charité, fondé par édit royal sous Louis XIV. Initialement conçu pour accueillir les pauvres et les mendiants, il se transforme progressivement en un lieu de soins, avec trois bâtiments principaux de 80 mètres de long. Au XVIIIe siècle, il abrite un Collège royal de chirurgie (1766) et devient un lieu d’enseignement médical, malgré des conditions sanitaires précaires, le ruau Sainte-Anne servant d’égout à ciel ouvert.
Pendant la Révolution, l’hôpital est brièvement transformé en hôpital militaire (1793) avant d’être rétabli dans ses fonctions civiles. En 1803, il fusionne avec l’Hôtel-Dieu et l’Hôpital de la Madeleine, marquant un tournant dans son organisation. Cette réorganisation entraîne une surpopulation, obligeant même à utiliser la chapelle pour loger des patients. Le XIXe siècle voit une modernisation majeure : construction d’un amphithéâtre d’anatomie (1815-1817), séparation des services civils et militaires, et création de pavillons spécialisés (maternité, asile pour aliénés).
L’hôpital devient un haut-lieu de la médecine grâce à des figures comme Pierre-Fidèle Bretonneau, Louis Tonnellé, ou Armand Trousseau, qui y enseignent ou étudient. En 1841, une École préparatoire de médecine et de pharmacie est fondée, renforçant son rôle pédagogique. La chapelle Saint-Roch (1661), restaurée en 1879, et l’ancien hôpital militaire (années 1830, style néo-classique) sont inscrits aux monuments historiques en 1992. Ces bâtiments témoignent de l’architecture hospitalière des XVIIe et XIXe siècles.
Au XXe siècle, l’hôpital s’étend grâce à des dons privés, accueillant une maternité, un sanatorium, et une unité pédiatrique (Clocheville, 1952). En 1958, il devient un Centre Hospitalier Universitaire (CHU), puis intègre en 1980 le CHRU de Tours, avec l’ouverture de l’hôpital Trousseau. Aujourd’hui, le site Bretonneau conserve deux bâtiments protégés : la chapelle, avec ses vitraux de Lobin (1878) et son orgue, et les façades de l’ancien hôpital militaire, restructuré au XXIe siècle.
L’histoire de Bretonneau reflète l’évolution des pratiques médicales, de la charité médiévale à la médecine moderne, ainsi que l’adaptation architecturale aux besoins sanitaires. Son héritage inclut aussi un rôle social, comme l’accueil des mineurs délinquants pendant la Seconde Guerre mondiale ou la formation de générations de médecins, dont Alfred Velpeau. Le site reste un symbole du patrimoine hospitalier français, alliant histoire, science et architecture.