Origine et histoire du Centre Pompidou-Metz
Le Centre Pompidou-Metz (CPM) est un établissement public de coopération culturelle né d’une volonté de décentralisation du Centre Pompidou de Paris. Situé à Metz, entre le parc de la Seille et la gare, il s’inscrit dans le projet d’urbanisation du quartier de l’Amphithéâtre, anciennement occupé par des friches ferroviaires. Inauguré le 12 mai 2010 après une première pierre posée en 2006 par Claude Pompidou, il symbolise une dynamique culturelle transfrontalière, à proximité de l’Allemagne, du Luxembourg et de la Belgique. Son architecture, inspirée d’un chapeau chinois traditionnel, est le fruit d’une collaboration entre Shigeru Ban, Jean de Gastines et Philip Gumuchdjian, avec une charpente en bois innovante et une toiture en fibre de verre recouverte de téflon.
Le budget total du projet s’élevait à 69,33 millions d’euros en 2009, financé majoritairement par Metz Métropole (43,33 M€), ainsi que par l’État, l’Union européenne, la région Lorraine et le département de la Moselle. Le bâtiment, réalisé par Demathieu & Bard, comprend trois galeries d’exposition superposées (5 020 m2 au total), une nef de 1 200 m2, un auditorium et un studio de création. La structure combine béton armé, un pylône métallique de 77 m (référence à l’année 1977, ouverture du Centre Pompidou parisien) et une charpente en bois entrelacée, conçue comme une résille hexagonale. Malgré des défis techniques, comme des déchirures de la toiture en 2010 et 2013, le centre est devenu un pôle culturel majeur, attirant plus de 500 000 visiteurs dès sa première année.
Le CPM s’inscrit dans une démarche de démocratisation de l’art moderne et contemporain, avec une exposition inaugurale intitulée « Chefs-d’œuvre ? » présentant 800 œuvres issues des collections parisiennes. Son programme inclut des expositions temporaires (4 à 6 par an), des coproductions internationales et des événements comme « Constellation » (2009), préfigurant son ouverture. Le centre a aussi mis en lumière des artistes comme Marc Chagall, avec une exposition dédiée à ses vitraux en 2020-2021. Son impact dépasse le cadre culturel : il a dynamisé l’économie locale, attiré des entreprises comme Est Ouvrages pour les passerelles d’accès, et révélé des vestiges archéologiques romains lors des fouilles du parking souterrain.
L’architecture du CPM est marquée par une symbolique forte, comme l’hexagone reflété dans la charpente et les galeries traversantes de 80 m de long. Les vues panoramiques depuis les galeries (7 m, 14 m et 21 m de haut) offrent des perspectives sur la cathédrale de Metz, le quartier impérial et le parc de la Seille. La toiture, conçue pour être auto-nettoyante, a cependant connu des problèmes liés aux intempéries, nécessitant des interventions. Le projet a été porté par des figures politiques comme Jean-Jacques Aillagon et Jean-Marie Rausch, avec l’ambition de positionner Metz comme un carrefour culturel européen, à l’image du Guggenheim de Bilbao.
La gestion du CPM a été assurée par des présidents successifs : Laurent Le Bon (2010-2014), Emma Lavigne (2014-2019) et Chiara Parisi (depuis 2019). Le centre organise des expositions thématiques variées, comme « Aerodream » (2021) sur les structures gonflables ou « Mimèsis » (2022) sur le design et la nature. Son succès repose sur une programmation ambitieuse, une architecture iconique et une localisation stratégique au cœur de la Grande Région, renforçant les échanges transfrontaliers. La « Maison du projet » (2006-2009), conçue comme un espace d’information et de médiation, a préparé le public à cette ouverture, accueillant plus de 100 000 visiteurs avant la fermeture du chantier.